Transactions suspectes de 580 millions de dollars sur le pétrole avant l'annonce de Trump
Environ 6 200 contrats à terme sur le pétrole, d'une valeur estimée à 580 millions de dollars, ont changé de mains entre 6h49 et 6h50 du matin heure de New York ce lundi. Quinze minutes plus tard, Donald Trump publiait sur Truth Social un message annonçant des « conversations très productives » avec l'Iran, provoquant un effondrement de 15 % des cours du brut. Pour de nombreux observateurs, quelqu'un savait.
L'affaire fait déjà grand bruit dans les salles de marché du monde entier. Selon une analyse du Financial Times basée sur des données Bloomberg, les transactions effectuées dans cette fenêtre d'une minute représentaient quatre à six fois le volume habituel pour cette heure matinale. Le timing soulève des questions légitimes : qui pouvait anticiper avec une telle précision l'annonce présidentielle ?
À 7h05, Donald Trump écrivait en lettres capitales que les États-Unis et l'Iran avaient eu des « conversations très bonnes et productives » durant le week-end, visant « une résolution complète et totale » des hostilités. Il ordonnait simultanément au Pentagone de suspendre pendant cinq jours toutes les frappes sur les infrastructures énergétiques iraniennes.
Un gain potentiel de plus de 100 millions de dollars
L'impact sur les marchés fut immédiat et spectaculaire. En quelques minutes, Trump a ajouté 1 700 milliards de dollars à la valorisation boursière américaine tout en faisant chuter le prix du pétrole de 17 dollars le baril, soit environ 15 %. Le Brent et le WTI ont plongé de près de 11 % dans les heures suivantes.
Selon la plateforme de surveillance Unusual Whales, spécialisée dans la détection d'activités de trading inhabituelles, deux paris majeurs ont été identifiés. Des contrats à terme S&P 500 d'une valeur d'environ 1,5 milliard de dollars ont été achetés, anticipant un rallye boursier. Parallèlement, des contrats pétroliers de 192 millions de dollars ont été vendus, pariant sur une baisse des prix du brut.
« En 25 ans à observer les marchés, c'est un schéma extrêmement inhabituel », a confié un gestionnaire de hedge fund au Financial Times. Un stratégiste de marché américain a ajouté que « des questions seront inévitablement posées sur qui avait intérêt à vendre agressivement des contrats 15 minutes avant le post de Trump ».
L'Iran dément toute négociation
L'affaire prend une tournure encore plus troublante lorsque l'Iran dément formellement toute discussion avec Washington. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a qualifié l'annonce de Trump de « fake news utilisée pour manipuler les marchés financiers et pétroliers ». Cette dénégation a provoqué un retournement partiel, effaçant la moitié des gains boursiers initiaux.
La Maison Blanche a rapidement réagi par la voix de son porte-parole Kush Desai : « La Maison Blanche ne tolère aucun responsable de l'administration qui profiterait illégalement d'informations privilégiées. Toute implication que des officiels se livrent à une telle activité sans preuve est irresponsable. »
La SEC (Securities and Exchange Commission) et la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), les régulateurs américains des marchés, surveillent de près ce type d'anomalies. L'ampleur et le timing de ces transactions – 580 millions de dollars en une seule minute, juste avant une annonce majeure – correspondent exactement aux signaux d'alerte qui déclenchent des enquêtes pour délit d'initié ou manipulation de marché.
Plusieurs hedge funds ont indiqué qu'il ne s'agissait pas d'un cas isolé, pointant un schéma récurrent de transactions importantes exécutées avant des annonces gouvernementales majeures ces derniers mois. L'enquête ne fait que commencer.