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Algérie-Italie : Meloni annonce une coopération accrue pour le gaz algérien

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a annoncé ce mercredi 25 mars 2026, lors d'une visite officielle à Alger, un approfondissement majeur de la coopération énergétique entre l'Italie et l'Algérie. L'objectif affiché : augmenter les flux de gaz naturel algérien vers la péninsule italienne, dans un contexte de tensions régionales qui pèsent sur les approvisionnements européens.

Reçue par le président Abdelmadjid Tebboune, la cheffe du gouvernement italien a précisé les contours de cette nouvelle dynamique bilatérale. « Nous avons décidé de renforcer notre coopération déjà très solide à travers nos champions nationaux », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse conjointe, faisant référence aux géants énergétiques Eni et Sonatrach.

Les deux pays entendent élargir leur collaboration à de nouveaux domaines stratégiques, notamment le gaz de schiste et l'exploration offshore. Ces projets visent à diversifier les sources d'approvisionnement et à renforcer la sécurité énergétique de l'Italie, qui dépend à plus de 30 % du gaz naturel algérien pour couvrir ses besoins.

Un partenariat économique de premier plan

Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 12,98 milliards d'euros en 2025, selon les données de l'Agence italienne pour le commerce extérieur. Les importations italiennes s'élèvent à 9,78 milliards d'euros, dont 8,1 milliards concernent le gaz naturel, soit environ 83 % du total. L'Algérie s'impose ainsi comme le premier fournisseur énergétique de l'Italie.

Le gazoduc Transmed, reliant les gisements algériens au territoire italien via la Tunisie, a acheminé plus de 20 milliards de mètres cubes en 2025. Les autorités étudient désormais la possibilité de porter cette capacité entre 30 et 35 milliards de mètres cubes par an, une augmentation significative qui nécessitera des investissements conséquents dans les infrastructures.

Cette visite intervient alors que les contrats d'approvisionnement entre Eni et Sonatrach arrivent à échéance en 2027. Les négociations pour leur renouvellement ont déjà débuté, incluant une potentielle révision des conditions tarifaires. Selon plusieurs sources, une augmentation des prix comprise entre 15 et 20 % serait envisagée pour les volumes supplémentaires.

Contexte régional tendu

Cette coopération renforcée s'inscrit dans un contexte de stress énergétique croissant en Europe. Les frappes iraniennes contre des infrastructures gazières au Qatar ont perturbé les exportations de ce pays, l'un des principaux fournisseurs de gaz naturel liquéfié de l'Italie. Face à cette situation, Rome et Madrid rivalisent pour sécuriser davantage d'énergie nord-africaine.

Pour l'Algérie, ce partenariat renforcé avec l'Italie confirme son statut de puissance énergétique incontournable en Méditerranée. Le pays dispose de réserves considérables et d'infrastructures de transport déjà opérationnelles vers l'Europe, un atout majeur dans la reconfiguration du marché gazier mondial.

La création d'une chambre de commerce italo-algérienne, évoquée lors des discussions, devrait accompagner ce rapprochement économique au-delà du seul secteur énergétique. Un signal fort envoyé aux investisseurs des deux rives de la Méditerranée.

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