sfy39587stp17
Aller au contenu principal

L'Algérie augmente de 12,5% ses livraisons de gaz à l'Espagne, en « remerciement » pour sa position au Moyen-Orient

L'Algérie s'apprête à augmenter de 12,5% le volume de gaz naturel acheminé vers l'Espagne via le gazoduc Medgaz. Cette décision, révélée par le média espagnol The Objective, intervient « principalement en remerciement des récentes positions honorables de l'Espagne au Moyen-Orient », selon des sources diplomatiques algériennes et espagnoles.

Les autorités algériennes doivent communiquer officiellement cette décision au ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, ce jeudi 27 mars. Concrètement, le débit quotidien du Medgaz passera de 28 millions de mètres cubes à 32 millions, rapprochant ainsi l'infrastructure de sa capacité technique maximale.

Cette augmentation substantielle répond à une demande formulée par Madrid il y a plusieurs semaines, dans un contexte de forte volatilité des marchés énergétiques. Le prix du gaz sur le marché néerlandais TTF, référence européenne, avait bondi de plus de 23% la semaine dernière, atteignant 67,3 euros par mégawattheure, avant de redescendre autour de 55 euros.

Une récompense géopolitique

Selon The Objective, Alger souhaite « récompenser la position espagnole au Moyen-Orient, tant sur le conflit de Gaza que sur la récente crise iranienne ». Le gouvernement de Pedro Sánchez avait transmis sa requête d'augmentation des approvisionnements gaziers peu après le début des hostilités entre les États-Unis, Israël et l'Iran, lesquelles ont provoqué une flambée des cours du pétrole et du gaz.

L'Espagne mise sur le gaz acheminé par gazoduc, considéré comme plus stable et généralement plus compétitif que le gaz naturel liquéfié (GNL) transporté par méthaniers. Ce dernier, soumis aux enchères internationales, a vu ses prix s'envoler ces dernières semaines en raison des tensions géopolitiques.

Cette initiative espagnole avait d'abord été révélée par l'agence Bloomberg, qui rapportait des discussions entre Madrid et le groupe Naturgy Energy, opérateur du gazoduc, pour exploiter pleinement les capacités de l'infrastructure.

L'Algérie face à la concurrence américaine

Cette décision intervient alors que l'Algérie cherche à reconquérir sa position dominante sur le marché gazier espagnol. Selon les données du Boletín Estadístico d'Enagás, les États-Unis sont devenus le premier fournisseur de l'Espagne depuis début 2026, avec environ 39% des volumes, contre 29% pour l'Algérie. Une situation inédite que cette augmentation des livraisons via le Medgaz pourrait contribuer à inverser.

Les relations énergétiques algéro-espagnoles s'inscrivent dans un contexte européen plus large. Comme le soulignait récemment l'ambassadeur de l'Union européenne en Algérie, le pays est devenu un « partenaire privilégié, essentiel et indispensable pour l'Europe » en matière énergétique. Grâce aux gazoducs TransMed vers l'Italie et Medgaz vers l'Espagne, Alger dispose d'une capacité d'exportation de plus de 50 milliards de mètres cubes annuels.

L'Italie, de son côté, cherche également à renforcer ses approvisionnements algériens. La Première ministre Giorgia Meloni multiplie les contacts avec Alger pour sécuriser des volumes supplémentaires, dans un contexte où les deux pays européens se disputent l'or bleu nord-africain pour compenser la perte des approvisionnements moyen-orientaux perturbés par le conflit iranien.

La production algérienne de gaz naturel a d'ailleurs atteint des niveaux records en début d'année, avec une hausse de 7% sur un an en janvier 2026, atteignant 10,44 milliards de mètres cubes selon l'Unité de recherches énergétiques. Une marge de manœuvre qui permet à Alger de répondre favorablement aux sollicitations de ses partenaires européens.

sfy39587stp16