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Tomates en Tunisie : jusqu'à 6 dinars le kilo, d'où vient la flambée

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Le kilo de tomates se vend entre 4,5 et 6 dinars sur les marchés tunisiens en ce début novembre, alors que les producteurs disent céder leur récolte bien en dessous. Chaleur d'août, grêle dans le gouvernorat de Kasserine, circuits de distribution : agriculteurs et ministère du Commerce avancent leurs explications, sans s'accorder sur la date d'un retour à des prix habituels.

Les relevés convergent. Selon La Presse, les prix des tomates « s'envolent entre 4,5 et 6 dinars le kilo sur les étals ». Business News fait état des mêmes niveaux, entre 4,5 et six dinars le kilogramme au détail, pour une qualité qui « ne justifie pas toujours le prix ». Dès le 2 novembre, Webdo rapportait que le président du Syndicat tunisien des agriculteurs, Midani Dhaoui, situait le kilo entre 5 et 6 dinars, « voire davantage sur certains marchés », dans une déclaration à Jawhara FM.

Chaleur d'août et grêle : la tomate d'automne en recul

La cause première tient à l'offre. Invité de Express FM le mardi 3 novembre, Midani Dhaoui a rappelé que la production tunisienne s'étale sur trois saisons. La première, de mars à avril, donne des tomates mûres en juin, en grande partie transformées en conserve. La deuxième, celle de la tomate d'automne, a commencé en juin et dure encore. La troisième, celle de la tomate primeur, n'a pas encore démarré.

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C'est la tomate d'automne, celle qui alimente les marchés en ce moment, qui a souffert. Sa floraison a coïncidé avec la vague de chaleur du mois d'août : les fleurs sont tombées avant de donner des fruits. Les cultures épargnées ont ensuite été frappées par la grêle à Sbiba et Foussana, dans le gouvernorat de Kasserine, ce qui a abîmé la qualité des tomates, selon le responsable syndical. Les mêmes localités sont citées par Webdo, qui ajoute les fortes chaleurs pendant la floraison et des problèmes phytosanitaires parmi les causes de la baisse des rendements.

Midani Dhaoui souligne aussi que la tomate d'automne rend nettement moins que celle de saison : environ 30 tonnes dans les meilleurs cas, contre une moyenne proche de 60 tonnes pour la tomate de saison. Il signale enfin la hausse des coûts de production, avec un plant hybride qui atteint 140 millimes l'unité, le manque de main-d'œuvre agricole et l'efficacité jugée insuffisante de certains traitements.

Le diagnostic est partagé par Adel Antit, représentant des producteurs de tomates, invité de Mosaïque FM. D'après Tuniscope et Tunisie Numérique, il explique que les fortes températures de l'été ont empêché de jeunes plants de résister, et que là où les cultures avaient pu être installées, notamment dans le gouvernorat de Kasserine, la pluie et la grêle ont causé des dégâts supplémentaires.

Côté gouvernement, le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a expliqué la hausse par la baisse de la production due aux fortes températures et appelé à rationaliser la distribution du produit pour éviter les pénuries, selon un communiqué du Conseil national des régions et des districts relayé par Le Temps. Entendu par les élus le 5 novembre dans le cadre de l'examen du budget 2027, il a indiqué que son ministère répartissait les quantités disponibles et qu'il faudrait attendre que les nouvelles plantations arrivent à maturité, rapporte Business News.

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La Tunisie n'est pas seule à subir la flambée d'un légume de base cet automne : en Algérie, la pomme de terre a atteint jusqu'à 150 dinars algériens le kilo malgré un plafond fixé à 90 dinars, et les autorités ont lancé une plateforme de suivi des prix contre la spéculation.

Entre la ferme et l'étal, un écart que chacun explique

Le prix payé aux agriculteurs reste loin de celui affiché sur les marchés, mais les chiffres avancés diffèrent selon les interlocuteurs. Midani Dhaoui situe le prix à la production entre 1 et 1,8 dinar le kilo, selon Webdo et Business News. Adel Antit indique pour sa part que le prix de vente à la sortie de l'exploitation ne dépasse pas 2,5 dinars le kilo dans les cas les plus élevés, d'après Tuniscope et La Presse.

Les deux représentants de la profession mettent en cause les circuits de distribution. Midani Dhaoui dénonce les marges des intermédiaires, et Adel Antit estime que la hausse tient principalement à la commercialisation et non aux prix pratiqués par les agriculteurs, un problème qui, selon lui, dépasse la seule tomate et touche l'ensemble des produits agricoles.

Cet écart ne mesure pas à lui seul la marge des intermédiaires. Webdo rappelle que le transport, la manutention, les pertes et les autres frais de distribution s'ajoutent entre le champ et l'étal, et Tunisie Numérique relève que ces déclarations ne s'accompagnent pas de données détaillées sur la part de chaque maillon dans le prix final.

Adel Antit appelle les consommateurs à acheter selon leurs besoins et à éviter les achats excessifs, la tomate étant un produit périssable qui ne se stocke pas. Il décrit une qualité actuelle moyenne, tirant vers la bonne, sans atteindre celle des meilleures récoltes, et assure que la baisse de la production fraîche n'aura pas d'effet sur la disponibilité de la tomate en conserve.

Reste la question du calendrier, sur lequel les estimations divergent. Le 3 novembre, Midani Dhaoui prévoyait sur Express FM que le kilo pourrait revenir autour de 2 dinars « dans les prochains jours », avec l'entrée en production de la tomate primeur, une prévision reprise par Tuniscope. Quatre jours plus tard, La Presse évoque une baisse progressive « dans les prochaines semaines » avec l'arrivée des nouvelles récoltes, tandis que le ministre renvoie à la maturité des nouvelles plantations. Au 7 novembre, les prix relevés restaient compris entre 4,5 et 6 dinars le kilo.

Photo : Yen Vu / Unsplash

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