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Inflation à 3,4 % en octobre : l'énergie pèse plus que tout le reste

L'inflation grimpe à 3,4 % sur un an en octobre, contre 3,1 % en septembre, selon l'estimation provisoire publiée ce 30 octobre par l'Insee. C'est la facture d'énergie, en hausse de 24,1 %, qui tire l'indice, loin devant l'alimentation, qui ralentit à 1,2 %. Voici ce que ces chiffres changent pour le budget d'un ménage, son Livret A et son Smic.

D'après l'estimation provisoire de l'Insee, les prix à la consommation augmentent de 3,4 % sur un an en octobre 2026. Sur un mois, ils rebondissent de 0,4 %, après un recul de 0,3 % en septembre. Boursorama, qui reprend la dépêche de l'AFP, parle d'un niveau au plus haut depuis janvier 2024. L'indice harmonisé, celui qui sert aux comparaisons européennes, atteint de son côté 3,8 %, contre 3,4 % le mois précédent.

Ces chiffres sont provisoires. L'Insee précise que l'indice est calculé sur un champ restreint d'observations de prix et que les résultats définitifs paraîtront le 13 novembre. Ce sont ces derniers qui comptent pour les revalorisations, l'institut rappelant que les indices provisoires ne doivent pas servir de base aux révisions contractuelles.

L'énergie explique plus de la moitié de la hausse

Les prix de l'énergie progressent de 24,1 % sur un an en octobre, après 21,3 % en septembre. Selon l'Insee, ils accélèrent pour le quatrième mois consécutif, sous l'effet du gaz et des produits pétroliers. Sur un mois, le gaz, les produits pétroliers et l'électricité augmentent tous les trois.

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Le détail d'octobre ne sera publié qu'avec les résultats définitifs, mais celui de septembre donne l'ordre de grandeur. Dans son bilan définitif de septembre, l'Insee relevait des produits pétroliers, carburants compris, en hausse de 36,2 % sur un an, après 28,7 % en août. Le gaz affichait +19,0 % et l'électricité, plus protégée, seulement +1,4 %.

L'énergie pèse 764 sur 10 000 dans le panier de l'Insee, soit environ 7,6 % des dépenses moyennes. Multiplié par une hausse de 24,1 %, cela représente environ 1,8 point des 3,4 % d'inflation d'ensemble : plus de la moitié. Il s'agit d'un calcul à partir des pondérations publiées, pas d'un chiffre fourni tel quel par l'Insee.

À l'inverse, l'alimentation ralentit : +1,2 % sur un an, contre +1,4 % en septembre. Les produits frais restent à +8,0 % (après +9,5 %), mais le reste de l'alimentation ne progresse que de 0,3 %. Les produits manufacturés reculent de 0,2 % et le tabac gagne 3,3 %. Les services, eux, passent de +2,4 % à +2,7 %, portés notamment par l'hébergement et les transports.

Ce que ça coûte à un ménage, au Livret A et au Smic

Prenons un ménage qui dépense 3 000 euros par mois, avec une répartition proche de la moyenne nationale. Une inflation de 3,4 % représente environ 100 euros de plus par mois qu'il y a un an pour le même panier, dont une cinquantaine d'euros viennent de l'énergie. Cet exemple est volontairement simplifié : un foyer qui se chauffe au gaz ou qui roule beaucoup subit davantage que la moyenne, un foyer sans voiture et chauffé à l'électricité beaucoup moins.

Pour ceux qui font le plein tous les jours, notre guide sur l'aide carburant de 100 euros détaille qui peut la demander et comment, le formulaire étant ouvert depuis le 27 octobre.

L'épargne, elle, est rattrapée par les prix. Le Livret A rapporte 1,7 % par an, comme le rappelle notre guide du Livret A en 2026. Sur un livret rempli jusqu'au plafond de 22 950 euros, cela fait environ 390 euros d'intérêts sur un an. Au même moment, un panier de prix qui monte de 3,4 % renchérit ces 22 950 euros de l'équivalent de 780 euros : le rendement réel reste négatif d'environ 1,7 point. Le taux du Livret A sera révisé au 1er février 2027 : il dépend notamment de l'inflation, ce qui explique que cette publication soit suivie de près par les épargnants.

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Côté salaires, le Smic est lui aussi revalorisé en fonction des prix, mais sur la base de ceux que supportent les ménages les plus modestes, et non sur l'indice d'ensemble. Une revalorisation est prévue au 1er janvier 2027. Comme nous l'expliquions dans notre article sur le Smic, franceinfo évoque une hausse automatique d'environ 1 %, tandis que Le Parisien avance une fourchette de 0,8 % à 1 %. Le gouvernement étudie de son côté un coup de pouce dès décembre, sans qu'aucune décision soit prise à ce stade.

Le prochain rendez-vous est fixé au 13 novembre, avec les chiffres définitifs d'octobre, puis au 27 novembre pour l'estimation provisoire de novembre. Si l'énergie continue d'accélérer, c'est elle qui fera la différence pour le budget des ménages d'ici la fin de l'année, bien plus que les prix du panier alimentaire.

Photo : station-service Hyper U à Cusset (Allier), Tabl-trai, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.

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