Pétition contre CNews : près de 680 000 signatures, l'Assemblée saisie
La pétition demandant la fermeture de CNews approchait les 680 000 signatures le mardi 3 novembre 2026 au matin sur le site de l'Assemblée nationale (679 724 à 7 h 35). Le bureau de la commission des affaires culturelles est convoqué le même jour à 14 h 15, et la commission doit se prononcer le mercredi 4 novembre au matin. L'Assemblée ne peut pas, elle-même, fermer la chaîne.
Intitulé Supprimer CNews de l'audiovisuel français, le texte a été déposé le 10 juin 2026 par Lucas Massoni. Selon la page officielle de la pétition, qui la présente comme la plus populaire de la plateforme, elle réclame « Le retrait immédiat de la convention TNT de CNews » et « La fermeture de la chaîne ». Chaque signataire passe par FranceConnect, ce qui limite à une signature par personne physique.
Le texte affirme notamment : « CNews n'est pas une chaîne d'information. C'est une machine de propagande. » Sa date limite de recueil des signatures est fixée au 19 juin 2029. La mobilisation, elle, s'est accélérée en quelques jours : plus de 200 000 signatures le vendredi 30 octobre, selon L'Humanité citée par 20 minutes, puis plus de 300 000 le 31 octobre, d'après LCP.
Le bureau de la commission réuni le mardi 3 novembre à 14 h 15
Le seuil des 500 000 signatures a été franchi le lundi 2 novembre, et plus de 650 000 étaient comptées le soir même, rapporte LCP. Alexandre Portier (Droite républicaine), président de la commission des affaires culturelles, a dit à l'AFP avoir « convoqué une réunion du bureau » le mardi 3 novembre à 14 h 15 pour « évoquer le sujet », selon LCP. Ce bureau compte neuf membres.
Il peut proposer de classer la pétition ou de nommer un rapporteur, qui rendra compte lors d'une réunion ultérieure. La commission doit se prononcer sur cette proposition le mercredi 4 novembre au matin. Si un rapporteur la recommande et que la commission suit, la Conférence des présidents décide d'un éventuel débat en séance publique, possible à partir de 500 000 signatures issues d'au moins 30 départements ou collectivités d'outre-mer.
Même un débat ne fermerait pas la chaîne : les pétitions citoyennes n'ont aucun effet législatif ni contraignant, précise LCP. Seule l'Arcom peut retirer une autorisation, après des étapes successives détaillées par Le Courrier de l'Atlas : mise en demeure, instruction, amende, suspension d'un programme, réduction de la durée d'autorisation, puis retrait. Le journal rappelle que la fréquence de C8 n'a pas été reconduite et que celle de CNews a été renouvelée pour dix ans.
Une relance liée à l'attentat de Trappes selon Reporterre
Reporterre rapporte que la mobilisation a gagné en ampleur après l'attentat raciste de Trappes, le 23 octobre, et la mort de Pengo Bossio Wangi. Le site précise que CNews réunit environ 3 % de part d'audience et se classe première des chaînes d'information en continu. 20 minutes cite aussi Benjamin Lucas, qui a dénoncé le 27 octobre « des médias, un groupe, dont l'objectif est de diffuser dans notre pays le racisme et la violence ».
Pour Paris Match Belgique, la flambée de signatures est à rapprocher d'un mouvement de contestation parti des lycéens depuis plusieurs semaines et d'appels au boycott de la chaîne. Le texte de la pétition avance de son côté, selon ses propres décomptes, 27 rappels à l'ordre de l'Arcom depuis 2019 et 630 000 euros d'amendes cumulées. Il évoque aussi, fin mars 2026, des propos visant le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, qui aurait été comparé à un singe en direct par un invité, avec une enquête du parquet de Paris pour injure raciste.
Parmi les sanctions citées par la pétition figure l'amende de 100 000 euros infligée en février 2026, qui visait notamment des propos sur les Algériens. Selon Ozap, elle portait sur deux numéros de L'Heure des Pros 2 Été. Elle a fixé 25 000 euros pour l'émission du 8 août 2025, où l'ancienne ministre Noëlle Lenoir avait affirmé que des millions d'Algériens « présentent des risques majeurs », des propos jugés « de nature à inciter à la haine » envers les Algériens résidant en France. Les 75 000 euros restants concernent l'émission du 12 août 2025, où l'ancienne membre du CSA Françoise Laborde avait qualifié les Palestiniens de « sauvages, sanguinaires », et l'Arcom reproche dans les deux cas un « défaut de maîtrise d'antenne ».