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Prime carburant : débrayage chez Veolia à Bellegarde, près de Nîmes

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Les salariés du site gardois de Veolia, à Bellegarde, près de Nîmes, ont débrayé jeudi 5 novembre 2026 à l'appel de la CFDT, de la CGT et de FO. Ils dénoncent une prime carburant qui n'a pas été allouée à l'ensemble des travailleurs, une hausse de salaire jugée dérisoire et des avantages réservés aux cadres.

Selon Midi Libre, les salariés du site suivaient « un mouvement national ». Depuis 6 heures du matin, l'entrée du site était bloquée par « la quarantaine de salariés en place ». Le même jour, dans l'Aube, une cinquantaine de salariés de Veolia des sites d'Épothémont et de Soulaines-Dhuys étaient eux aussi en grève « dans le cadre de l'appel national lancé par la CGT », selon L'Est Éclair.

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Le site de Bellegarde est spécialisé dans l'enfouissement de déchets non dangereux et dangereux. Il s'étend sur près de 100 hectares, à proximité de Nîmes. Midi Libre présente Veolia comme le leader mondial de la gestion de l'eau, des déchets et de l'énergie.

Jeudi matin, l'activité du site tournait au ralenti. Nicolas Garde, délégué syndical FO de l'entreprise, a expliqué : « Suite à l'annonce de la mobilisation, peu de camions au final ont pris la direction du site. » Toujours selon lui, l'arrêt de travail devait se poursuivre jusqu'à 15 heures environ.

Une prime carburant qui ne concerne pas tous les salariés

Au cœur de la colère, il y a d'abord cette prime. Nicolas Garde détaillait mardi, soit le 3 novembre, les griefs des salariés : « Malgré l'explosion des tarifs, la prime carburant n'a pas été allouée à l'ensemble des travailleurs. Par ailleurs, en deçà de 55 000 euros de revenus annuels, les salariés doivent se contenter d'une hausse dérisoire de 1 % des salaires. Et ce alors même que l'inflation s'accroît, elle, de 3 % ! »

Midi Libre ne précise ni quels salariés ont touché la prime carburant, ni son montant, ni l'augmentation accordée aux cadres, ni le nombre total de salariés du site.

Le représentant syndical dénonce aussi un écart de traitement avec les cadres. Ceux-ci bénéficient, en plus de la mise à disposition d'un véhicule de fonction, désormais d'un troisième jour de télétravail autorisé.

Autre point soulevé : la hausse de 1 % dont doivent se contenter les salariés gagnant moins de 55 000 euros par an. À titre d'ordre de grandeur, 1 % représente au plus 550 euros par an pour un salaire de 55 000 euros. Pour un salaire de 30 000 euros bruts annuels, cela donne 300 euros par an, soit 25 euros par mois.

Midi Libre ne rapporte aucune réaction de la direction de Veolia à ce stade. Les griefs exposés sont ceux du délégué syndical FO.

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Le cadre de la prime carburant et le poids de l'inflation

La prime carburant est facultative pour l'employeur, rappellent les Éditions Tissot dans un article du 3 novembre. Elle permet à l'entreprise de financer une partie des dépenses de carburant ou de recharge électrique des salariés pour leurs trajets domicile-travail. Elle vise les salariés contraints d'utiliser leur véhicule personnel, faute de transports collectifs ou à cause d'horaires inadaptés.

D'après le Code du travail numérique, le plafond d'exonération, d'abord fixé à 300 euros puis porté à 600 euros, est fixé temporairement à 1 000 euros par an et par salarié pour les primes versées jusqu'au 31 décembre 2026.

Le BOSS, le Bulletin officiel de la Sécurité sociale, a confirmé que ce plafond de 1 000 euros vaut pour toute l'année 2026, sans proratisation. Il couvre aussi la recharge des véhicules électriques, hybrides rechargeables ou à hydrogène.

Sur les prix, Nicolas Garde parle d'une inflation qui s'accroît de 3 %. Selon l'estimation provisoire de l'Insee publiée le 30 octobre et reprise par Boursorama, les prix à la consommation augmenteraient de 3,4 % sur un an en octobre 2026, après 3,1 % en septembre. Les prix de l'énergie accéléreraient pour le quatrième mois consécutif, tirés par le gaz et les produits pétroliers.

L'indice des prix à la consommation harmonisé, utilisé pour les comparaisons européennes, augmenterait de son côté de 3,8 % sur un an en octobre. Avec une inflation de 3,4 %, une hausse de salaire de 1 % représente un écart de 2,4 points, soit une perte de pouvoir d'achat si les prix évoluent au rythme estimé par l'Insee.

Le même jeudi 5 novembre était aussi une journée nationale de grève et de manifestations. Selon franceinfo, les salaires, le pouvoir d'achat et le coût de la vie figuraient en tête des revendications.

Photo : Daniel Miksha / Unsplash

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