Route du Rhum : Laperche gagne et bat le record en 6 jours 13 h
Tom Laperche a remporté la 13e Route du Rhum en Ultim pour sa première participation. Le skipper de SVR-Lazartigue, 29 ans, a coupé la ligne à Pointe-à-Pitre samedi 7 novembre à 22 h 31 min 40 s, heure de Guadeloupe, soit dimanche 8 novembre à 3 h 31 heure de Paris. Son chrono officiel, 6 jours 13 heures 27 minutes et 40 secondes, efface de 6 heures 19 minutes et 45 secondes le record établi en 2022 par Charles Caudrelier.
Les chiffres viennent de l'organisation de la course, qui les a publiés dans la nuit sur le site de la Route du Rhum. Le trimaran a parcouru 4 308,32 milles sur l'eau, à 27,18 nœuds de moyenne. Sur la route théorique de 3 542 milles entre Saint-Malo et la Guadeloupe, la moyenne tombe à 22,27 nœuds. Le magazine Bateaux.com donne la même heure d'arrivée, le même temps et le même écart avec l'ancien record.
Laperche a pris la tête de la flotte au cap Fréhel et ne l'a plus quittée. Selon l'organisateur, il devient le troisième skipper de moins de 30 ans à gagner l'épreuve, après Marc Pajot (29 ans en 1982) et Laurent Bourgnon (28 ans en 1994).
Temps officiel et temps passé en mer
Le chrono officiel tient compte d'une bonification. D'après France Inter, Laperche a obtenu une heure et deux minutes pour s'être dérouté vers Armel Le Cléac'h, dont le Banque Populaire XI venait de chavirer mercredi et qui avait déclenché sa balise de détresse. Le Cléac'h a ensuite été récupéré par un cargo, en bonne santé selon la radio. Francis Joyon, qui avait chaviré avec son trimaran, a lui aussi été récupéré par un navire de commerce, selon Bateaux.com.
Le coup de canon a été donné dimanche 1er novembre à 13 h 02 au large de Saint-Malo, selon l'AFP reprise par Flashscore. Entre ce départ et l'arrivée, il s'est donc écoulé 6 jours 14 heures 29 minutes et 40 secondes, soit le temps officiel plus la bonification. Même sans elle, Laperche reste environ 5 heures 18 minutes sous le temps de Caudrelier, alors à la barre de Gitana 17.
À l'arrivée, le skipper a raconté le moment où il a appris le chavirage : « Quand on apprend ça tout seul au milieu de l'océan, c'est une sacrée émotion, cela glace le sang. Je ne savais plus trop quoi faire et j'étais vraiment fébrile. » Franck Cammas, vainqueur du Rhum en 2010 et membre de sa cellule de routage, a résumé le changement de course pour France Inter : « La gestion du risque est devenue beaucoup plus importante, reléguant la gestion de la performance un peu en dessous dans la pile des priorités. »
Les avaries ne sont pas une nouveauté sur cette transatlantique. En 2014, Thomas Coville avait percuté un cargo et abandonné la Route du Rhum. Le Cléac'h, lui, avait déjà chaviré en 2018.
Sur les pontons, Laperche a rappelé ce que la course représentait pour lui : « C'est une victoire énorme, c'est ma course de rêve, quand j'ai commencé la voile s'il y avait une chose que je voulais gagner, c'était la Route du Rhum en multicoque et j'ai accompli ce rêve. » Il a aussi décrit ses meilleurs moments en mer : « Sur cette course, j'ai parfois réussi à basculer dans une forme d'état de grâce : dès que je prenais une décision, c'était la bonne. »
Le bateau ne lui est pas étranger. SVR-Lazartigue sort de l'écurie de François Gabart, aux côtés duquel Laperche a fait un stage en 2019, quand le trimaran était encore en construction. Vainqueur de la Solitaire du Figaro en 2022, il avait dû abandonner l'Arkéa Ultim Challenge en 2024 après une avarie de dérive et une voie d'eau, rappelle le portrait publié par l'organisation.
Derrière le vainqueur, la course continue
La victoire ne vaut que pour la catégorie Ultim. Dimanche en fin de matinée, d'après le point de l'organisation, Thomas Coville (Sodebo Ultim 3) était à environ 90 milles de l'arrivée, avec une cinquantaine de milles d'avance sur Louis Burton (Armand Thiery). Les deux hommes étaient attendus dans l'après-midi, heure de Paris, pour les deux autres places du podium. Coville détient le Trophée Jules Verne, décroché en janvier avec son équipage lors d'un tour du monde en 40 jours.
Chez les Ocean Fifty, Basile Bourgnon (Edenred) mène depuis le 2 novembre, mais Pierre Quiroga (Wewise) et Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires En Peloton by Delanchy) sont revenus à une cinquantaine de milles après le passage d'une dépression tropicale. En IMOCA, Corentin Horeau (MACSF) compte environ 215 milles d'avance sur ses poursuivants. Les Class40 naviguent encore plus à l'est.
Plus d'une centaine de bateaux doivent encore rallier Pointe-à-Pitre, et les arrivées s'étaleront jusqu'au 3 décembre selon France Inter. Côté monocoques, c'est en janvier 2025 que Charlie Dalin avait pulvérisé le record du Vendée Globe.
Photo d'illustration : vagues au large, sans lien direct avec la course. Shreyaan Vashishtha / Pexels.
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