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Marseille : un couvre-feu pour les mineurs de 22 h à 5 h jusqu'à vendredi

Un couvre-feu visant les mineurs serait en vigueur à Marseille dès ce mardi 20 octobre au soir. Selon Le Figaro, relayé par Made in Marseille, il s'appliquerait de 22 h à 5 h, jusqu'à vendredi 23 octobre, après le week-end de violences du 17 octobre. Les zones exactes, elles, restent à confirmer par la préfecture.

La nouvelle est tombée ce mardi 20 octobre. Made in Marseille, qui cite Le Figaro, rapporte que le couvre-feu concernerait les mineurs et s'appliquerait de 22 h à 5 h, à partir de « ce soir » et jusqu'à vendredi. Le quotidien le formule ainsi, dans une phrase reprise par le site local : « Ce couvre-feu débutera ce soir à partir de 22 heures et se terminera à 5 heures ». De son côté, CNews, qui s'appuie sur une source AFP, évoque un couvre-feu localisé décrété à Marseille à partir de 22 h pour les mineurs.

Selon Made in Marseille, la décision reviendrait au préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, qui « aurait décidé » de cette mesure. Le conditionnel est de mise : le site local rapporte l'information telle que la publie Le Figaro et ne la présente pas comme un document officiel qu'il aurait consulté. Il faut donc prendre ces informations pour ce qu'elles sont : des informations de presse, en attente d'une confirmation de la préfecture.

Toute la ville ne serait pas concernée. Selon Made in Marseille, la mesure viserait certaines zones, « comme autour de centres commerciaux par exemple », dont les contours précis sont « à confirmer par la préfecture ». Un couvre-feu similaire devait par ailleurs être adopté dans certaines communes des Bouches-du-Rhône. Le périmètre de la mesure reste donc, à cette heure, l'inconnue principale.

Le déroulé du week-end : de l'Hôtel de Ville aux centres commerciaux

Tout commence le samedi 17 octobre, jour d'une mobilisation nationale marquée par des violences. Selon franceinfo (17 octobre, 20 h 17), des individus cagoulés ont forcé la porte de l'Hôtel de Ville de Marseille. Plus d'une dizaine d'émeutiers y sont entrés, ont tagué les murs, endommagé le mobilier et jeté à terre un buste de Marianne, avant d'être dispersés en quelques minutes par les forces de l'ordre. Mediaterranee est revenu sur cet épisode dans son article consacré à la mairie envahie et au commissariat visé en marge de la mobilisation.

Toujours selon franceinfo, le commissariat de la police municipale a été attaqué. Sur le Vieux-Port, des projectiles ont été lancés et la police a répliqué avec des gaz lacrymogènes. De nombreuses boutiques ont par ailleurs été pillées. Un commerçant, Jacques Audibert, qui tient une parfumerie, a témoigné : « On est fermés comme jamais on a été fermé, ils arrivent à rentrer. »

Un policier cité par franceinfo a livré un témoignage tout aussi marquant : « Pour la première fois, ça fait 21 ans que je suis policier, on a battu en retraite. » Ces propos sont ceux d'un agent, rapportés par la chaîne, et ne constituent pas un bilan officiel. Ils donnent toutefois la mesure de la tension de la journée du samedi, telle que la décrivent les personnes interrogées.

Les chiffres qui circulent viennent du préfet des Bouches-du-Rhône, d'après franceinfo : près de 8 000 casseurs et au moins 29 blessés parmi les forces de l'ordre. Il s'agit de données de l'autorité préfectorale, et non d'un décompte indépendant. Elles doivent être lues comme telles.

Le maire socialiste de Marseille, Benoît Payan, a réagi. Il a déclaré, selon franceinfo : « Les manifestants ne sont pas des casseurs. » L'élu conteste ainsi l'amalgame entre manifestants et casseurs, tout en voulant que les casseurs soient jugés et emprisonnés.

Le dimanche 18 octobre, la situation se déplace vers les zones commerciales. Selon la préfecture de police déléguée, citée par franceinfo et l'AFP (18 octobre, 20 h 55), « plusieurs groupes d'individus se sont constitués et déplacés entre différents pôles commerciaux de Marseille » dans l'après-midi. Trois pôles sont nommés : Le Merlan, Grand Littoral et Les Terrasses du Port. Ce détail est cohérent avec la précision de Made in Marseille sur des zones « autour de centres commerciaux », sans qu'aucune source ne relie formellement les deux.

Made in Marseille (20 octobre) fait état de 101 interpellations à Marseille, dont 27 mineurs. La répartition indiquée est la suivante : 80 % pour vols avec dégradations en réunion, 13 % pour violences contre des personnes dépositaires de l'autorité publique, et 7 % pour d'autres violences et attroupements illégaux. La présence de mineurs parmi les personnes interpellées aide à comprendre le public visé par la mesure, même si les sources consultées ne l'avancent pas comme un motif officiel.

Selon Made in Marseille, l'hyper-centre de la ville compte parmi les zones les plus touchées par les pillages en France. Sur ce volet, notre article sur la situation des commerçants de Marseille et de Nice après les pillages apporte un éclairage complémentaire.

Un couvre-feu « partiel et très localisé » voulu par le Premier ministre

Selon Made in Marseille, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé lundi 19 octobre aux préfets d'instaurer des couvre-feux « partiels et très localisés », notamment pour protéger les commerces. La logique affichée est donc celle d'un dispositif ciblé plutôt que d'une mesure générale. Elle correspond à ce que rapporte le site local pour Marseille, où toute la ville ne serait pas concernée.

Toujours selon le site, Lille, Paris, Lyon et Nice étaient déjà concernées par de telles mesures la veille de cette demande. Elles s'appuient sur un principe de décision locale : ce sont les préfets qui tranchent, à Marseille comme ailleurs.

À Marseille, c'est donc le préfet des Bouches-du-Rhône qui serait à l'origine de la mesure, selon Made in Marseille, tandis que le maire, Benoît Payan, a exprimé de son côté son refus de l'amalgame entre manifestants et casseurs. Aucune des sources consultées ne détaille la coordination entre les deux, et nous ne la présumons pas.

Hors de Marseille, franceinfo et l'AFP (18 octobre) rapportent qu'à Paris, des affrontements ont eu lieu place de la République, avec 25 interpellations et trois magasins pillés, selon une source policière citée par l'AFP. À Lyon, une cinquantaine de jeunes, pour la plupart cagoulés, ont tenté de briser la vitrine d'un magasin. Ces éléments situent Marseille dans un contexte national, sans permettre de comparer précisément les situations.

Plusieurs points restent à ce stade non confirmés. La liste exacte des secteurs concernés n'est pas connue. Le texte de la décision préfectorale n'est pas cité dans les sources consultées, et la mesure elle-même est rapportée au conditionnel par Made in Marseille. Tant que la préfecture n'a pas précisé ces éléments, la prudence s'impose.

Pour le lecteur, trois repères se dégagent. La mesure vise les mineurs. Elle s'appliquerait de 22 h à 5 h, de ce mardi soir jusqu'à vendredi. Elle concernerait certains secteurs, en particulier autour de centres commerciaux, ce qu'il reste à confirmer.

Reste un désaccord de fond, visible dans les déclarations rapportées. D'un côté, le préfet chiffre à près de 8 000 le nombre de casseurs et à au moins 29 les blessés parmi les forces de l'ordre. De l'autre, le maire refuse que l'on confonde manifestants et casseurs, et veut voir ces derniers jugés et emprisonnés. Mediaterranee suivra l'évolution de ce dossier et les éventuelles confirmations officielles dans les prochains jours.

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