TotalEnergies : 8,26 Md$ de bénéfice net, le gouvernement lui demande un geste
TotalEnergies a publié le 29 octobre 2026 ses résultats du troisième trimestre : le groupe affiche un résultat net part du groupe de 8 263 millions de dollars, contre 3 683 millions un an plus tôt. Dans le même temps, le gouvernement lui demande de répercuter à la baisse l'avantage tiré de la libération des stocks stratégiques, alors que le gazole dépasse 2,35 € le litre dans les stations.
Selon le communiqué du groupe repris par Zonebourse, le résultat net part TotalEnergies atteint 8 263 M$ au troisième trimestre 2026. Il était de 5 438 M$ au deuxième trimestre, soit une hausse de 52 % en trois mois, et de 3 683 M$ au troisième trimestre 2025.
Le résultat net ajusté ressort à 9 097 M$, contre 6 027 M$ au deuxième trimestre 2026 et 3 980 M$ au troisième trimestre 2025. Rapporté à chaque action, le résultat net ajusté dilué s'établit à 4,03 $.
Sur un an, le résultat net a plus que doublé. D'après franceinfo, qui parle d'un « bénéfice net record » de 8,3 milliards de dollars, il est « plus que doublé sur un an », contre 3,7 milliards un an plus tôt. Le pourcentage de hausse affiché varie légèrement d'une source à l'autre : environ 124 % si l'on compare les chiffres du résultat net publiés par le groupe, environ 125 % selon franceinfo, et 127 % dans le titre de Boursorama, qui porte sur le résultat net ajusté. L'écart tient au choix de l'indicateur et aux arrondis.
Boursorama précise que ce résultat ajusté se situe au-dessus du consensus LSEG, établi à 8,3 milliards de dollars sur la base des estimations de 12 analystes.
Raffinage et gaz : les moteurs du trimestre
Le raffinage-chimie est le secteur qui progresse le plus. Son résultat opérationnel net ajusté atteint 3 601 M$ au troisième trimestre 2026, contre 687 M$ au troisième trimestre 2025, d'après le communiqué. Boursorama parle d'un trimestre record pour ce secteur, avec un débit des raffineries en hausse de près de 10 %.
Le GNL intégré contribue lui aussi à ces résultats. Son résultat opérationnel net ajusté s'élève à 1,9 milliard de dollars selon Boursorama, et franceinfo indique qu'il a lui aussi « plus que doublé ».
Le prix du pétrole n'explique pas, à lui seul, ce niveau de résultat. Le Brent a atteint en moyenne 97,0 $ le baril au troisième trimestre 2026, contre 69,1 $ un an plus tôt. Mais il est en recul de 7 % par rapport au deuxième trimestre 2026, où il s'établissait à 103,8 $. Ce sont donc les marges de raffinage qui ont explosé : l'indicateur européen s'établit à 33,2 $, contre 8,4 $ un an plus tôt, selon le communiqué.
Franceinfo avance plusieurs causes à cette envolée. Des frappes sur des installations énergétiques et des raffineries, en Ukraine, en Russie et au Moyen-Orient, tendent le marché du diesel, et les marges de raffinage sont en hausse. Le gaz européen a par ailleurs dépassé 100 € le MWh mercredi 28 octobre, une première depuis quatre ans. De son côté, Boursorama relie la hausse des prix du pétrole à la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran.
Côté trésorerie, le cash-flow net atteint 8 976 M$ au troisième trimestre 2026, contre 6 357 M$ au deuxième trimestre. L'acompte sur dividende est maintenu à 0,90 € par action pour 2026, en hausse de 5,9 % par rapport à 2025. Le groupe a consacré 1,5 milliard de dollars à des rachats d'actions au troisième trimestre, et en prévoit 2,5 milliards pour le quatrième trimestre 2026 et le premier trimestre 2027.
Gazole : ce qui est demandé, ce qui est acquis à la pompe
Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre de l'Énergie, a demandé à TotalEnergies d'être « exemplaire », rapporte franceinfo. Elle lui demande de « répercuter à la baisse l'avantage » tiré de la libération des stocks stratégiques, et qu'il poursuive le plafonnement de ses prix tant que la crise durera.
L'État puise dans les stocks stratégiques de pétrole pour tenter de faire baisser le prix du gazole. Les volumes concernés ne sont pas précisés.
À la pompe, la situation est la suivante. Le gazole a dépassé 2,35 € le litre dans les stations. TotalEnergies, de son côté, plafonne le gazole à 2,25 € le litre dans ses propres stations, soit au moins 0,10 € de moins que le prix constaté ailleurs. Selon franceinfo, cette politique de plafonnement lui permet de gagner des parts de marché.
Ce qui n'est pas établi : rien n'indique que les prix vont baisser à la pompe à la suite de cette demande. La demande du gouvernement est faite, mais son effet n'est chiffré ni sur le prix du gazole, ni sur le niveau du plafond de 2,25 € le litre.
Ces résultats relancent par ailleurs des appels, venus d'associations et de partis, à taxer les « superprofits » du groupe, d'après franceinfo. Les propositions correspondantes ne sont pas détaillées à ce stade.
Pour les automobilistes qui cherchent à alléger leur facture de carburant, notre guide consacré à l'aide carburant permet de se renseigner sur les dispositifs existants.
En résumé, le troisième trimestre de TotalEnergies se caractérise par un résultat net de 8 263 M$ et un résultat net ajusté de 9 097 M$, tirés par le raffinage-chimie et par des marges de raffinage nettement plus élevées qu'un an plus tôt, alors que le Brent est en baisse de 7 % sur le trimestre. À la pompe, le gazole dépasse 2,35 € le litre dans les stations et reste plafonné à 2,25 € chez TotalEnergies. La suite dépendra de la réponse du groupe à la demande du gouvernement, dont les effets ne sont pas chiffrés pour l'instant.
Voir aussi : ce qui change autour du 1er novembre 2026 pour le gaz et le gazole.
Photo : Tabl-trai, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (page source, licence)