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Arrêts maladie : ce que syndicats et patronat négocient dès le 29 octobre

Syndicats et organisations patronales se retrouvent le 29 octobre 2026 à 10 h, en visioconférence, pour la première réunion d'une négociation sur les arrêts maladie. Le gouvernement attend des économies de ce chantier, mais aucune mesure n'est arrêtée à ce stade : les pistes évoquées ne sont pas des décisions.

Cette première séance porte sur la méthode, le calendrier et les thèmes de la discussion, selon MoneyVox. Les séances suivantes porteront sur le fond du dossier. Les partenaires sociaux doivent remettre leurs propositions d'ici le 19 décembre 2026, soit un délai que certains participants jugent court.

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Les principales organisations syndicales et patronales sont autour de la table : la CGT, la CFDT, Force ouvrière, la CFTC et la CFE-CGC côté syndical, et notamment le Medef, l'U2P et Les Entrepreneurs (ex-CPME) côté patronal. Pour un salarié comme pour un employeur, l'enjeu est concret, puisque la discussion touche à l'indemnisation des absences pour raison de santé.

Les partenaires sociaux ont été saisis par une lettre du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, datée du 7 octobre 2026, d'après Upside24. Ce courrier fixe le cadre de la discussion et les thèmes à examiner.

Le contexte budgétaire explique l'empressement du gouvernement. Il vise 2 milliards d'euros d'économies sur les arrêts maladie dans les textes budgétaires 2027. Environ 1 milliard d'euros par an doit venir d'un accord entre syndicats et patronat, l'autre milliard correspondant à des mesures que l'État peut prendre lui-même, selon Upside24 et MoneyVox.

Ce qui est sur la table, sans que rien ne soit décidé

Le coût des arrêts a atteint 17,9 milliards d'euros en 2025 pour l'Assurance maladie, pour 9 millions d'arrêts indemnisés, d'après Upside24. C'est ce niveau de dépense que le gouvernement souhaite faire baisser. Si aucun accord n'est trouvé entre les partenaires sociaux, l'État compléterait probablement par voie législative, toujours selon Upside24.

Selon MoneyVox, la lettre de cadrage de Jean-Pierre Farandou évoque plusieurs pistes. La première est une politique active de prévention. Le texte demande aussi d'examiner « tous les paramètres » du système, dont la durée et le plafond des indemnités ainsi que le complément versé par l'employeur.

La lettre parle en outre d'une plus grande « responsabilisation » des acteurs. Elle suggère de moins protéger les arrêts courts et de mieux protéger les arrêts longs. Elle prévoit enfin de nouveaux outils contre le détournement des arrêts à d'autres fins, comme un conflit au travail, et contre l'absentéisme « atypique » constaté dans certaines entreprises.

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Upside24 résume ces orientations en trois axes : revoir les règles d'indemnisation, responsabiliser les médecins, les salariés et les employeurs, et lutter contre les arrêts détournés. Il s'agit de thèmes de discussion, pas de mesures annoncées. Le contenu d'un éventuel accord n'est pas connu.

Du côté patronal, la position est déjà exprimée. Fin septembre, le président du Medef, Patrick Martin, a proposé de ne plus rembourser les arrêts courts, avec des jours de carence « d'ordre public » pris en charge ni par l'Assurance maladie ni par l'employeur, rapporte MoneyVox. Les Entrepreneurs soutiennent cette idée.

Leur vice-président, Éric Chevée, voit dans la hausse des dépenses un phénomène largement comportemental. Il juge le délai de deux mois « très ambitieux » et affirme que, sans réforme, « l'État prendra une mesure qui baissera l'indemnisation des arrêts ». Cette proposition patronale reste une position de négociation, au même titre que les autres.

Les syndicats n'abordent pas le sujet du même angle. Denis Gravouil (CGT) conteste le calendrier, avec « seulement deux mois », ainsi que l'objectif d'économies. Il souhaite examiner la responsabilité des employeurs dans le stress, le burn-out et la souffrance psychologique, avec un accent fort sur la prévention, d'après MoneyVox.

Plus largement, Upside24 indique que les syndicats refusent en général de remettre en cause les prescriptions des médecins sans contreparties significatives. Les positions de départ divergent donc sur l'objectif comme sur la méthode, ce qui est habituel au démarrage d'une négociation de ce type.

Sur France Inter, Jean-Pierre Farandou a défendu la démarche : « Il faut agir », a-t-il dit, avant d'ajouter : « C'est une réforme structurelle qu'il faut faire. » Le ministre n'a pas, dans ces propos rapportés par MoneyVox, détaillé de mesure précise.

Ce qui s'applique aujourd'hui aux salariés et aux employeurs

Tant qu'aucun texte n'a été adopté, les règles actuelles continuent de s'appliquer. Elles sont rappelées par un cabinet d'avocats, dans une page datée du 11 octobre 2026. Il est utile de les vérifier sur ameli.fr, le site de l'Assurance maladie, avant toute décision personnelle ou de gestion.

Selon ce cabinet, les indemnités journalières de la Sécurité sociale sont versées à partir du 4e jour d'arrêt. Elles représentent la moitié d'un revenu journalier de référence, calculé sur les trois derniers bulletins de paie, avec un plafond mensuel de 1,4 fois le Smic.

Le cabinet donne un exemple chiffré : pour un salaire de 2 000 euros brut par mois, l'indemnité journalière s'élève à 32,88 euros avant prélèvements. Ce montant illustre le calcul, il ne vaut pas pour tous les salariés, puisque le revenu de référence dépend de chaque situation.

Le complément de l'employeur est un second étage d'indemnisation. Hors accident du travail et maladie professionnelle, il commence après 7 jours d'absence et exige un an d'ancienneté. Il s'élève à 90 % du salaire brut pendant 30 jours, puis aux deux tiers pendant 30 jours, ces durées étant allongées avec l'ancienneté, précise le même cabinet.

Ces paramètres figurent justement parmi ceux que la lettre de cadrage propose d'examiner : la durée et le plafond des indemnités, et le complément employeur. Leur mention dans la lettre ne signifie pas qu'ils seront modifiés. Elle indique seulement qu'ils peuvent être discutés.

Le cabinet souligne par ailleurs qu'un accord entre partenaires sociaux ne modifie pas à lui seul les prestations. La carence, les plafonds, les taux et les durées relèvent surtout du décret, tandis que l'éligibilité relève plutôt de la loi, par exemple la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Un accord devrait donc être transposé dans un texte pour produire des effets.

Concrètement, un salarié en arrêt aujourd'hui n'a pas de changement à anticiper à la suite de la réunion du 29 octobre. Un employeur n'a pas non plus de nouvelle obligation à appliquer. Les décisions éventuelles viendront après les propositions attendues pour le 19 décembre 2026, puis après un passage par les textes budgétaires ou réglementaires.

Le calendrier à retenir tient en trois étapes : la réunion de méthode du 29 octobre 2026, les séances sur le fond qui suivront, puis la remise des propositions des partenaires sociaux d'ici le 19 décembre 2026. Si aucun accord n'est trouvé, l'État compléterait probablement par voie législative, comme l'évoque Upside24.

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