Maghreb : Alger et Tunis désamorcent la polémique sur un accord militaire
Depuis plusieurs jours, une rumeur d’accord militaire entre l’Algérie et la Tunisie agite les réseaux sociaux. Ce 3 janvier 2026, les deux capitales ont mis fin à la spéculation, réaffirmant une coopération fondée sur le respect mutuel et la souveraineté nationale.
Tout est parti d’un document supposément « confidentiel » circulant en ligne, évoquant la possibilité d’une présence de troupes algériennes sur le sol tunisien. Rapidement, la polémique s’est enflammée, attisée par certains comptes relayant des narratifs de tension au sein du Maghreb. À Alger, le ministère de la Défense a fermement réagi : « L’Algérie n’a signé aucun accord militaire permettant une quelconque intervention hors de ses frontières », précisant que les relations bilatérales avec Tunis relèvent d’une logique de sécurité partagée, non d’ingérence.
À Tunis, la présidence a également tenu à calmer le jeu. Dans un communiqué, elle souligne la transparence totale de la coopération militaire et sécuritaire avec l’Algérie, notamment dans la lutte contre le terrorisme aux frontières. « Nos deux nations partagent une frontière sensible et une même exigence de stabilité », peut-on lire dans le texte, repris par plusieurs médias dont Mediaterranee.com.
Une polémique symptomatique de la fragilité régionale
Si cette rumeur a trouvé un écho aussi fort, c’est qu’elle s’inscrit dans un climat régional marqué par la méfiance et la désinformation. Le Maghreb, pris entre les tensions géopolitiques, les enjeux migratoires et les luttes d’influence, reste vulnérable aux manipulations numériques. Selon plusieurs observateurs, cette affaire illustre « la guerre de l’information » qui gagne du terrain dans la région.
Le politologue tunisien Nabil Chérif y voit un test grandeur nature de la solidité des institutions. « Les fake news ne cherchent pas seulement à tromper, elles visent à fragiliser la confiance entre les peuples », explique-t-il. En réponse, Alger et Tunis ont réaffirmé leur engagement commun dans le cadre de l’Union du Maghreb Arabe, tout en insistant sur la nécessité de bâtir une coopération régionale apaisée et souveraine.
Dans une région souvent secouée par la suspicion, cette mise au point rappelle une évidence : la stabilité passe d’abord par la clarté. Et, plus que jamais, l’avenir du Maghreb se jouera aussi dans la bataille de l’information.