MaPrimeRénov est officiellement relancée : ce qui change en 2026
Après plus d'un mois de fermeture, le dispositif MaPrimeRénov' va rouvrir ses portes « dans quelques jours ». Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a confirmé la relance de cette aide à la rénovation énergétique, dès la promulgation du budget 2026, adopté grâce au recours à l'article 49-3. Mais le dispositif revient avec des règles profondément remaniées.
Depuis le 1er janvier 2026, les Français ne pouvaient plus déposer de nouvelles demandes d'aide MaPrimeRénov'. Une situation inédite, provoquée par l'absence de loi de finances votée avant la fin de l'année. Sans budget adopté, l'Agence nationale de l'habitat (Anah) se trouvait dans l'impossibilité juridique de prendre de nouveaux engagements financiers.
La situation s'est débloquée après que le Premier ministre Sébastien Lecornu a engagé la responsabilité de son gouvernement via l'article 49-3 de la Constitution. Les motions de censure déposées n'ayant pas recueilli suffisamment de voix, le texte budgétaire est considéré comme adopté. Le guichet devrait rouvrir autour du 12 février 2026, soit dix jours après l'adoption définitive du budget, conformément aux engagements pris par l'exécutif mi-janvier.
Un budget maintenu mais des règles durcies
L'enveloppe allouée à MaPrimeRénov' pour 2026 s'élève à 3,6 milliards d'euros, un montant identique à celui de 2025. Le budget global de l'Anah atteindra quant à lui près de 4,6 milliards d'euros. L'agence prévoit de financer 150 000 travaux isolés – remplacement de chaudière, fenêtres, isolation de toiture – et 120 000 rénovations globales de logements, dont 68 000 lots en copropriété et 52 000 logements individuels.
Ces objectifs sont toutefois fragilisés par les 83 000 dossiers en attente fin 2025, qui devront être traités en priorité et réduiront mécaniquement la capacité de nouveaux engagements. « Le dispositif sera rouvert à tous les ménages dès la promulgation du budget », a assuré Vincent Jeanbrun, tout en reconnaissant que la transition serait progressive.
Plusieurs modifications substantielles entrent en vigueur. Le parcours accompagné, consacré aux rénovations globales, sera désormais réservé aux logements classés E, F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE). Le bonus dit de sortie de passoire thermique, qui permettait une majoration de 10 %, est supprimé.
Travaux exclus et nouvelles conditions
Les plafonds de dépenses éligibles restent fixés à 30 000 euros HT pour un gain de deux classes au DPE et 40 000 euros HT pour un gain de trois classes ou plus. La prime peut couvrir jusqu'à 80 % de ces montants, dans la limite de 32 000 euros, selon le niveau de revenus du ménage.
En revanche, certains travaux sont désormais exclus du parcours par geste : l'isolation des murs en façade ou pignon et l'installation de chaudières biomasses, qu'elles soient à alimentation manuelle ou automatique, ne sont plus éligibles. L'obligation de réaliser un DPE avant les travaux, initialement prévue pour le 1er janvier 2026, est reportée au 1er janvier 2027.
Bonne nouvelle cependant pour les ménages souhaitant réaliser des travaux simples : les mono-gestes, qui permettent de bénéficier de MaPrimeRénov' sans installer obligatoirement un équipement de chauffage, sont prolongés jusqu'au 31 décembre 2026. Cette disposition devait initialement prendre fin à la fin de l'année 2025.
En attendant la réouverture effective du guichet, les ménages peuvent toujours recourir aux Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) et aux primes Coup de pouce, accessibles sans condition de ressources, ainsi qu'à l'éco-prêt à taux zéro, qui permet de financer jusqu'à 50 000 euros de travaux sans intérêts pour une rénovation globale.