Les États-Unis saisissent un pétrolier russe dans l'Atlantique Nord après une poursuite de deux semaines
Le Commandement des forces américaines en Europe a annoncé ce mercredi 7 janvier 2026 avoir pris le contrôle du pétrolier Marinera, anciennement connu sous le nom de Bella-1, dans l'Atlantique Nord. Cette saisie intervient après une poursuite spectaculaire de plus de deux semaines en haute mer, marquée par la présence d'un sous-marin russe venu escorter le navire.
L'opération, menée en vertu d'un mandat délivré par un tribunal fédéral américain, visait un navire accusé de faire partie de la flotte fantôme utilisée pour contourner les sanctions internationales sur le pétrole vénézuélien, iranien et russe. Selon les données du service spécialisé TankerTrackers, le Bella-1 aurait transporté 7,3 millions de barils de brut iranien et 3,7 millions de barils de pétrole vénézuélien vers la Chine entre 2021 et 2025.
Le garde-côtes américain USCGC Munro avait tenté une première fois d'aborder le navire le 20 décembre dernier dans les Caraïbes, mais l'équipage avait refusé l'accès à bord. Le tanker avait alors pris la fuite vers l'Atlantique, son équipage repeignant un drapeau russe sur la coque et le rebaptisant Marinera, avec Sotchi comme nouveau port d'immatriculation.
Une démonstration de force américaine
Pour mener à bien cette interception au large de l'Islande, les États-Unis ont déployé des moyens considérables : forces spéciales, un avion d'appui-feu AC-130J Ghostrider et un Boeing P-8A Poseidon anti-sous-marin. La Royal Air Force britannique a également participé avec des chasseurs Typhoon et des ravitailleurs KC-2, tandis que l'Irlande mobilisait un appareil de surveillance maritime C-295W.
Le secrétaire à la Défense américain Pete Hegseth a réagi fermement après l'opération, déclarant que le blocus du pétrole vénézuélien sous sanctions reste en vigueur partout dans le monde. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Moscou.
La Russie avait pourtant déployé au moins un sous-marin et plusieurs navires de guerre pour escorter le Marinera durant sa traversée de l'Atlantique. Le ministère russe des Affaires étrangères avait qualifié la poursuite américaine d'attention disproportionnée, rappelant que le navire naviguait dans les eaux internationales. Malgré cette présence militaire, les forces russes n'ont pas empêché la saisie.
Cette interception illustre la détermination de l'administration Trump à faire respecter ses sanctions extraterritoriales, même au prix d'une confrontation directe avec la marine russe. Elle met également en lumière le phénomène des flottes fantômes, ces navires vieillissants aux pavillons changeants qui permettent à des États sous embargo de continuer à exporter leurs hydrocarbures en contournant le système financier occidental.
Peu après la saisie du Marinera, un second pétrolier, le M/T Sophia, a été intercepté dans les Caraïbes et escorté vers les États-Unis, confirmant l'intensification de la pression américaine sur ce trafic maritime clandestin.