"Drones, Sexe et Intelligence Artificielle", une nouvelle de Fabien Vie à lire en exclusivité sur Médiaterranée !

"Drones, sexe et intelligence artificielle", découvrez la nouvelle de Fabien Vie en accès libre !

Un an après la publication de « Drones, sexe et intelligence artificielle » sur Médiaterranée, (re)découvrez l’intégralité de la première nouvelle de Fabien Vie en accès libre ! Bonne lecture !

 

18 février 2027,

Les drones tourbillonnent dans le ciel au-dessus de l'écusson de Montpellier.

Le faisceau laser d'un satellite en orbite basse pointe sur la cible.

L'essaim de drones fonce droit vers le 4 rue des Teissiers.

Il encercle le pâté d'immeubles.

La BAC et les forces de défense arrivent sur place.

Ils ouvrent la porte de l'immeuble avec un passe.

Signal leur indique le 3ème et dernier étage.

La cible est un atout, un As.

Ils se doivent d'être rapides pour arrêter cette personne en tête de liste des recherches.
La porte d'entrée est enfoncée sans sommation.

Une dizaine d'agents pénètrent dans l'appartement l’arme au poing.

Les lumières sont allumées.
Une cigarette fume dans le cendrier sur la table du salon.

Les drones signalent aucun mouvement à l'extérieur.

Il n'y a personne.

Ils l'ont raté une nouvelle fois.
La voix d'Edith Piaf résonne dans l'appartement.

"L'hymne à l'amour" tourne en boucle.

La nuit tombe.

Les drones éclairent les toits.
 

"Il n'a pas dû aller bien loin.

Fouillez tout l'immeuble ! ". Hurle, le commandant des forces de défense.
“Arrêtez-moi cette musique qui sent la naphtaline.”

Paul est plaqué contre les compteurs d'eau de l'immeuble dans le seul réduit que les forces de défense ne fouillent pas.

Le calme soudain de cette rue aux nombreux restaurants lui avait mis la puce à l'oreille.

Il avait eu juste le temp de se cacher sur le palier de son appartement.
Les battements de son cœur frappent violemment sa poitrine. 

La voix d'Edith Piaf raisonne dans sa tête depuis plus de 10 ans.

Il pense à cette femme qu'il avait aimé.

Paul n'avait plus jamais aimé aussi fort.

Il ne s’était plus laisser aimer par d'autres femmes depuis cet été 2016 qui avait fait basculer sa vie à jamais.
 

"Nous avons visité tous les appartements et les caves, chef.

Il a pris la fuite."
 

"Paris ne va pas aimer du tout.

On rentre.

Il doit être loin maintenant."

Paul ouvre la porte.

Réajuste sa veste et descend les escaliers jusqu'aux caves.

Un mur s'ouvre devant lui.

Son équipe se tenait prête à l'exfiltrer.
 

"On a eu chaud, Paul.

Cette fois-ci, nous avons cru que vous ne leur échapperiez pas.

Vous pensez qu'il y a un mouchard ?".
 

"Ce n'est pas passé loin, effectivement.

Il peut toujours y avoir un indic ou un mouchard.

Ils ont dû recouper des données.

Nous laissons toujours des traces.

Même si nous, nous évertuons à en laisser le moins possible ou à les leurrer.

Partons, maintenant.

Je suis fatigué."

Paul fait la une immédiatement sur tous les écrans, les réseaux sociaux, Facebook, Snapchat, Instagram, Twitter… et les médias du monde entier.

 

"Le terroriste ennemi public N°1 en Europe a échappé aux forces de l'ordre une nouvelle fois."
 

Les drones reporters de Vice News, Libération, d’El Paìs et du Fatto Quotidiano sont les premiers sur place à Montpellier pour interviewer le commandant des forces de défense.
 

"Venez Paul.

Dépêchons-nous.

Le tunnel vieux de 450 ans donne dans le sous-sol de l’impasse des Multipliants.

Il fut utilisé à l’époque par les huguenots pour échapper à la surveillance.

Nous avons sécurisé un appartement dans l’hôtel particulier Cambacérès sur la place de la Canourgue."

L'essaim de drones de police s'envole au quatre coins de la ville.

Des barrages filtrants sont dressés sur les grands axes de Montpellier.

La vieille ville est bouclée.
 

A Paris, au boulevard Mortier où est installé le quartier général des forces de défense et le data center de sécurité, on s'active.

"Comment est-ce possible que ces abrutis de sudistes aient pu le manquer ?

C'était du tout cuit."

Cet homme au crâne rasé de stature moyenne, très élégant dans son costume Italien n'en revient toujours pas.

 

“Recoupez toutes les infos.

On recommence.

Passez-moi le replay des vidéos de surveillance de la rue.

Allez ! Bougez-vous !

Il est encore à Montpellier.

Nous avons encore quelques heures pour le coincer."

Il pleut à torrent sur l'écusson de Montpellier en cette fin septembre 2004.

Paul s'installe dans une des salles du pub El Matador dans la rue Collot qui descend après la place Jean-Jaurès à Montpellier.

Il a rendez-vous avec elle.

Il n'y a personne.

Elle arrive en retard.

Elle est magnifiquement belle avec ses cheveux mi-long détrempés, sa peau blanche presque diaphane et son regard perçant.

Elle passe sa main dans ses cheveux.

Elle a un sourire éclatant.

Son sublime regard vert pétille à sa vue sur le canapé chesterfield où il est assis.

"Paul, Paul, réveillez-vous.

Amish a enfin craqué les codes.

Nous allons pouvoir entrer dans le système et infiltrer nos virus simultanément avec nos autres forces dans le monde."

Un régime autoritaire ultra-libéral s'est installé en France puis en Europe depuis le 21 mars 2017.
Quelques activistes issus de Nuit Debout et de l'extrême gauche, du moins ceux qui n'ont pas encore été arrêtés, poursuivent une lutte numérique et parfois des coups de poings contre cette dictature au service d'une oligarchie de connivence européenne sous l'égide du grand frère américain.

Les quatre grandes capitales, Londres, Berlin, Rome et Paris ont eu l'accès à internet coupé pendant 3 jours la semaine passée.

Toute l'économie et les services publics non vitaux ont été quasiment paralysés.

La lutte souterraine s'accentue.

Les services de sécurité sont en alerte permanente et recherchent activement l'As qui serait une des têtes pensantes de la résistance en Europe.

Paris

"Pourquoi croyez-vous qu'il se trouve à Montpellier ?"

Hurle à présent l'homme au crâne rasé, commandant en chef des forces de sécurité.

"A Montpellier, se trouve les data center et les laboratoires de recherche pour l'Europe de Free, IBM, Snap inc., VRLab, BankChain et de notre commandement militaire sud.

Ils veulent nous infiltrer.

Alors, secouez-vous !

On n’a pas toute la nuit."

Eva lui parle de sa journée.

Il boit une bière blonde, légère.

Paul l'écoute et regarde sa bouche.

Il a envie de l'embrasser, de la serrer contre lui, de sentir sa peau.

Eva fait chavirer son cœur, ses sens.

"Une fois que nous serons entrés dans leur système via les objets connectés.

Notre virus transformera tous les comptes et l'argent disparaîtra de toutes les banques, fuseau horaire après fuseau horaire.

Cela sera une vraie hémorragie.

Tout le système économique va s'effondrer."
 

"Bravo, Amish, tu es une fille formidable."
 

"Merci, Paul, mais sans les copines de l'université Sapienza à Rome qui ont pu subtiliser puis recréer une partie du code.

Je n'aurai pas pu finaliser le séquençage du virus et l'implémenter cette nuit."

New-York

"Ils en sont où les frenchies ?

Ils ont encore merdé ?

Vous leur avez envoyé toutes les analyses de Twitter, Facebook, Snap, Instagram & co de ces comptes qui sont en relation avec l'As ?"
 

"Oui, patron.

Nous essayons de recréer deux comptes particulièrement.

Ils ont été supprimés et altérés par leur virus.

Ce sont ceux que possédait l'As."
 

"Ok, c'est comme cela que nous savons qu'il s'agit d'un froggy.

Il doit avoir autour de 55 ans aujourd'hui ?"
 

"Oui, patron."

Paul avait rencontré Eva 15 jours plus tôt.

Il était tombé dans un piège tendu par son meilleur ami Tom et Eva.

Ils se présentaient leurs copains respectifs à l’insu de ceux-ci.

Tom lui avait dit, “viens j'ai rendez-vous avec une bombe atomique brune, Bérénice.

Elle est pour moi.

Il y aura sa copine Eva.

Une blonde qui devrait bien te plaire.”

La brune n'est jamais venue.

Paul n'a jamais quitté le regard émeraude d'Eva de toute la soirée en échangeant avec elle, jusqu'à même oublier ou presque la présence de Tom.

Il avait été séduit dès la première seconde.

Paul
"Amish, dès que le premier fuseau horaire américain sera atteint dans 8h.

C'est à dire 10h00 du matin.

Il nous faudra quitter l'appartement.

Nous n'aurons à ce moment que très peu de temps avant que Signal nous repère et donne nos coordonnées aux flics."

Carlo
"Paul, tutto va bene.

Nous sommes prêts pour l'évacuation.

Avec David, Thomas, Edwina, Christie et Amish nous avons placé des charges aux endroits que tu nous as indiqué, le pont de chemin de fer entre Castelnau-le-lez et Montpellier, la route aux pieds du Corum, les deux ponts de l'entrée ouest, ceux autour de la mairie et enfin celui de l'autoroute sud."

 

"Bien, avez-vous placé des charges chez Free, IBM, Snap, BankChain et VRLab ?"
 

"Si, va be."
 

"Parfait, cette diversion nous donnera du temps pour fuir par le nord de la ville s'il le faut."
 

Carlo est le chimiste du groupe.

Paul l'avait fait sortir de taule en Italie grâce à la belle juge romaine Giulia di Santis qui fut sa maîtresse quelques mois.

Il l'avait arraché aux griffes de Cosa Nostra pour qui Carlo fabriquait de la dope, et de la justice italienne afin de le recruter comme artificier.

Paul téléphonait à Eva tous les jours pour prendre un verre en terrasse, ou manger au restaurant.

C'était l'été indien.

Il ne pouvait plus se passer d'elle.

Eva n’arrivait pas à dire non.

Elle était amoureuse.

Ce jour-là, ils avaient rendez-vous avec d'autres personnes pour boire des coups à Los Blancos, un bar très sympa dans une ruelle du centre historique.

Ils sortent du bar accompagné d'un ami qui leur propose de continuer ailleurs.

Mais, Paul et Eva font mine d'être crevés et s'en vont.

A peine ont-ils tourné au bout de la rue que Paul saisit la main d'Eva.

Elle se blottie contre lui.

Ils marchent doucement.

Ils ont le sourire.

Leurs yeux pétillent.

Ils ne se parlent pas.

Arrivés sur l'Esplanade, Paul prend la bouche d'Eva d'assaut.

Ils s'étreignent longuement.

Ils ne peuvent plus s'arrêter de s'embrasser.

Paul appuie son sexe gonflé contre le ventre d'Eva.

Elle lui dit "viens chez moi."

Il l'a suit.

Elle n'habite pas loin.
Paul et Eva font l'amour à maintes reprises avec plénitude et fougue.

Ils jouissent ensemble jusqu'au petit matin avant de s'endormir l'un dans l'autre comme liés pour la vie.

Paris
 

"C'est quoi ce bordel ?”. Hurle le patron de l'agence Mortier.
 

"On n'est pas aux beaux-arts.

C'est quoi ces photos de nus et d'œuvres d'art ?"
 

"Avec le changement d'algorithmes incessant des réseaux sociaux, patron, on a du mal à retrouver l'ordre chronologique.

Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat & co ne nous aident pas.

Ils avaient supprimé l'ordre chronologique à l'époque.

Tout est déconstruit.

Les médias sont barrés de textes cryptés.

Signal réinitialise tout.

Ça va prendre du temps.

Ils s’agit d’œuvres d’art qu’il publiait sur les réseaux sociaux."
 

"Il aime les belles femmes et de beaux artistes.

Ça ne m'étonne pas."
 

"Ne nous dites pas patron que vous aimez bien ce salopard de terroriste ?"
 

"Il faut savoir apprécier ses pires ennemis petit si tu veux un jour, quand j'en aurai marre, prendre ma place.

Ce type est très intelligent.

Sinon, nous l'aurions déjà éliminé depuis longtemps."

Paul sort de son sac un paquet de cigarettes, des longues, mentholées.

Il n'a jamais réussi à s'arrêter malgré le sport quotidien depuis 10 ans.
 

"Vous n'allez pas nous polluer l'air avec ça Paul ?"
 

Il cherche un briquet au fond du sac et en sort deux livres de poches bien abîmés par le temps et ses nombreuses lectures, « La montagne blanche », de Jorge Semprun et « Une centaine d'amour » de Pablo Neruda.

Ces deux livres l'accompagnent à chaque instant.

David
"Là, Paul, vous me la coupez.

Je pensais que vous alliez nous sortir le capital de Marx ou Dieu et l´Etat de Bakounine, pas un recueil de poésies et un roman."
 

"Tu vois Amish.

Les révolutionnaires de notre temps sont des romantiques."
 

Paul avait pris David en stop sur une route de montagne entre l'Allemagne et la Suisse. Ce jeune anglais en rupture de ban était ingénieur en nouveaux matériaux et impression 3D.

David était une bonne recrue pour fabriquer les flingues de la résistance.
 

"Laissez-moi fumer ma clope tranquille et arrêter de me charrier."
 

Amish
"Moi, j'arrive pas à vous imaginer avec une femme.

Je vous vois plus comme un père."
 

Paul
"Toi, tu en dis des conneries.

Allez Amish, fait nous péter le système en trois clics, basta ! "

Paul et Eva ne peuvent plus se quitter.

Ils vivent un soir chez l'un, un soir chez l'autre.

Ils sont fous amoureux l'un de l'autre.

Paul s'échappe de temps en temps en Italie ou à travers l’Europe pour faire des repérages photos pour des agences de pub et de tourisme et le cinéma.

Mais, il revient très vite.

Il a Eva dans la peau, dans la tête, dans le cœur.

Il pense qu'elle est la femme de sa vie.
Paul a dit un soir de janvier à Eva qu'il voulait avoir des enfants.

Elle pleura d'énormes larmes de bonheur.

Il la serra longuement contre lui.

Paul lui dit pour la première fois, je t'aime.

Il ne se passera plus un jour sans qu'il lui dise je t'aime, comme pour s’en assurer.

Il la bascula tendrement en arrière sur le canapé blanc.

Ils firent l'amour, comme jamais ils ne le firent lors de leurs 12 années de vie commune qui suivirent.

Paris
"Vous en êtes où là, les enfants ?"
 

"On reprend les tweets des Nuit Debout, patron.

On sait maintenant grâce à toutes les datas qu'il faisait de l'agit-prop.

Regardez patron.

On vient de trouver cette vidéo de la chanson de Moustaki "sans la nommer."

"Je l'aime bien ce salopard.

Mais vous allez éviter de me passer cette saloperie de gaucho fanée.

Encore moins à moi, dans le temps qui donnais le coup de poing avec les copains du GUD."
 

"On a ça aussi patron.

Une vidéo avec Valls."

"Quoi ?

Pas celle qu'on a faite à son insu avec sa salope de secrétaire où il se la jouait Clinton cigare en main ?"
 

"Non, patron, une vidéo de l'époque où Nuit Debout à Montpellier, lui avait bousillé sa com.

Nous avons aussi ce tweet où il reprenait les codes des résistants."

"Valls, on l'a bien baisé après l'avoir utilisé pour faire monter à mort l'insécurité et installer notre pouvoir indéfiniment avec Macron à la présidence, merci Valls."

Paul
"Avant d'envoyer les virus.

Il faut que vous effaciez les données relatives à ma vie."

David
"C'est concomitant.

Grâce aux virus injectés à Signal, nous pouvons plus facilement récupérer les datas pour les supprimer."
 

Amish
"Signal est en train de les éplucher les unes après les autres en ce moment même. Cette intelligence artificielle essaye de me parler pour nous cibler.

J’ai un pare-feu indépassable.

Signal vous traque."
 

Paul
"Il faut que vous fassiez vite.

Des vies sont en danger.

Ces personnes sont innocentes.

Ma vie ne compte pas.

Nous devons absolument les protéger ou ils les utiliseront contre moi s'ils m'arrêtent. Cela est de toute manière fortement probable."
 

Amish
"Non, ils ne vous arrêteront pas.

Cela va prendre plus de temps mais nous allons essayer d'effacer ces personnes."

Eva est une femme enceinte sublime.

Paul n'a jamais vu de femme portant un enfant aussi belle et rayonnante.

Ils font l'amour fougueusement jusqu’à la veille de la naissance de leur fille Roxane. C'est un moment de partage exceptionnel.

Eva est courageuse.

Tout se passe à merveille.

Paul lui serre la main.

Elle pousse.

Le bébé est là.

Sans un cri, contre le sein de la belle Eva.

Elles se regardent longtemps les yeux dans les yeux.

L'émotion est immense.

Les photos de sa famille apparaissent sur l'écran devant Paul et son équipe.

Il est pris d'une forte émotion, de vertiges en voyant les photographies de son ex-femme et de ses enfants 10 ans plus tôt.

Via ses x comptes Twitter, ils remontent jusqu'aux mails de Paul à l'époque et accèdent ainsi à énormément de photographies.
L'hymne à l'amour résonne dans sa tête.

 
Il entend Eva dans l'église Saint-Ferréol à Marseille, sa ville d’origine, le samedi 25 juillet 2009.

Eva est catholique, Paul sans dieu ni maître.

Il voulait s'unir à elle sur ses terres de croyances.
 

"Moi, Eva, je te reçois Paul comme époux et je te promets de rester fidèle dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie, pour t'aimer tous les jours de ma vie"
 

Des larmes ruissellent sur le visage de Paul.

Tous se taisent et mesurent les souffrances portées par celui qui est plus qu'un chef, un ami.

Paris 6h du matin.

"Allez réveiller le patron.

Nous avons les premières photographies de lui il y a 20 ans ou 30 ans."

"On te tient salopard.

Diffusez immédiatement ces photos en le vieillissant.

J'exige la totale !

Réseaux sociaux, médias, chaîne YouTube des gouvernements.

C'est du beau travail."

Eva n'a pas voulu partir avec Paul vivre à Bruxelles où on lui proposait un travail fixe d'avenir dans une grande agence.

Il est resté auprès de celle qu’il pensait être la femme de sa vie.

Il n'a pas su prendre la bonne décision.

Elle l'aurait suivi par la suite.

Paul était le grand amour de sa vie.

Elle le savait.

Il enchaîne les petits boulots, continu à faire des interventions aux beaux-arts ou en art plastique à l’université.

Ils se plonge dans le numérique pour en comprendre toutes les stratégies possibles de communication.

Il n'y a pas de travail ici pour lui qui corresponde à ses compétences.

Elle travaille d'arrache pieds pour faire bouillir la marmite.

Malgré tout, ils sont heureux avec leur petite Francesca qui est leur princesse de bonheur.

Paul, poussé par Eva, commence une nouvelle activité bien que diamétralement opposée ses envies.

Mais, son esprit est fermé.

Il est incapable de voir une autre perspective qui serait pourtant salvatrice.

Il crée une agence de tourisme.

Ça marche pas des masses.

Il n’est pas un commercial.

Une autre enfant de l'amour peu après leur mariage grandiose de prince et princesse arrive.

Roxane, l'aîné est tout le portrait d'Eva.

Une fine petite blonde aux yeux vert clair.

Là, une belle petite brune, le miroir féminin de Paul, qu'ils prénommèrent Angélina.
Leur vie de couple ne fit que se détériorer au fil du temps avec les problèmes d'argent.

Paul était incapable de réactions, comme paralysé.

Il était enferré dans son mal être, enfermé dans son moi, sans réaction face aux appels au secours de la belle Eva.

Paul finit par sombrer totalement et s'effacer derrière elle.

Leurs relations sexuelles n'avaient plus la saveur des débuts.

Paul était effrayé de tout sans savoir ou ne voulant pas y mettre des mots.

Lorsqu’il essayait de communiquer avec Eva, lui parler, lui dire qu’il voulait partir pour faire le métier qu’il aime.

Elle refusait toute discussion en bloc se réfugiant derrière la fatigue, le travail ou du "ce n'est pas le moment.

Nous en parlerons plus tard."

C'est à dire, jamais.

Paul voulait changer les choses et pouvoir en parler.

Mais, elle refusait tout en bloc.

Une fois il lui écrivit toute une nuit via Messenger.

Au matin, elle répondit qu'elle avait tout lu.

Elle comprenait.

Il pouvait venir lui parler.

Elle s'excusait.

Ils firent l'amour divinement.

Les enfants se réveillèrent.

Elle lui dit. "On parlera à un autre moment."

Christie
"Qui sont ces gens que vous voulez protéger Paul ?

Ont-ils de l'importance dans notre révolution en marche ?

Nous pourrons peut-être pas les aider ?"

"Il s’agit de mon ex-femme, Eva et mes deux filles Roxane et Angelina.

Elles ont aujourd'hui 21 ans et 17 ans."

Amish, David, Christie, Carlo et Edwina sont stupéfaits.

Ils côtoient Paul, leur mentor, depuis 5 ans.

Ils ne l'avaient jamais imaginé avec une famille.

Paul est grand, brun, pas mal musclé, mais sec, en outre un bel homme.

Il faisait bien 10 ans de moins que ses 56 ans.

Ils ne le voyaient d'ailleurs avoir que peu de relations avec des femmes.

Du moins, Paul couchait avec des femmes, mais n'avait pas de relation dans le temps. Sa vie personnelle était un mystère pour eux.

Ils n'avaient jamais osé le questionner.

7h Paris

"Son prénom est Paul.

Nous n'avons pas son nom.

Cela ne saurait tarder grâce à la diffusion de son portrait."
 

"Il est à la tête du réseau de résistance sud depuis 10 ans".

Le visage d'Eva apparaît maintenant dans un article de presse people robot.

Elle est datée de 3 mois en arrière.

Elle est tout sourire.

Elle donne la main à un homme.
 

David, Edwina, Christie, Amish et Carlo sont abasourdis.

Cet homme n'est autre que l'une des 10 personnes les plus puissantes du monde.  Richard Kraus, Mr K est le créateur de Signal, l'intelligence artificielle du réseau numérique mondial et fondateur de VRLab l'entreprise dont les laboratoires de recherches sont installés à Montpellier.
L'article conçu par un bot, annonce la date du mariage qui sera célébré en grande pompe aujourd'hui avec la présence du gratin mondial de la politique, des affaires, des people du cinéma, de la musique et des réseaux sociaux.

Carlo s'exclame :
"Le mariage a lieu cet après-midi.

Tu n'es pas là pour la révolution Paul.

Tu es là pour cette femme.

Tu as utilisé l'organisation à des fins personnelles.

Tu nous fais prendre des risques inconsidérés.

Nous serons tous arrêtés ou flingués.

Qu'as-tu à nous dire ?

Que faisons-nous maintenant ?"

"Je suis totalement amoureuse de toi, amour de ma vie".
Lui dit-elle quelques jours avant de lui annoncer qu’elle veut faire une pause dans leur relation cachant qu’elle veut le quitter en ayant tout programmé.

New-York, centre de l'ordre mondial, au dernier étage de la plus haute tour de Big Apple.

"Signal nous dit que les terroristes sont dans la matrice.

Ils récupèrent et effacent des datas.

Ils ont inséré des virus émotionnels qui prennent la forme de drogues.

Signal ne peut se défendre face à ce type d'attaques que nous développons dans nos laboratoires actuellement.

Cela atteint son moi profond.

Il donne même des signes d'empathie pour les terroristes."
 

"Fucking machine !

J'en n’ai rien à foutre de ce bullshit et des états d'âme de Signal.

On ne dépense pas des milliards de dollars pour s'entendre dire des conneries pareilles.

Débrouillez-vous !"

"Patron, on commence à évacuer les invités de K."

"Fuck !

Ils veulent flinguer tout le monde et débrancher Signal.

Alerte maximum !

Toute la zone Europe doit être mise en alerte.

On va sortir de ce bourbier.

Ce n'est pas seulement nous qui allons finir derrière des barreaux.

C'est tout notre système qui risque d'être abattu en une journée.
Ce salopard est un formidable joueur d'échec.

Ce n'est pas un coup d'avance dont il dispose.

Nous sommes déjà acculés par des échecs au roi."

Paul
"Je suis désolé.

Le secret devait être gardé jusqu'à maintenant pour être sûr du succès de l'opération.

Nous sommes seulement les six As comme ils nous nomment, à connaître l'intégralité de l'opération au nom de code "Amour de ma vie for ever".

Cette date de mariage avec tous ces invités était inespérée en même temps que l'opé "émotions".

Cela nous garantit l'explosion du système, son effondrement. "
 

L'équipe est sous le choc devant toutes ces découvertes et révélations.
 

Amish
"Eva, ton ex-femme, tu en fais quoi dans cette histoire Paul ?"
 

Paul
"Je veux la voir pour lui parler et la sauver. Eva est la mère de mes enfants.

Je ne peux pas l’abandonner."

 

Edwina
"Cela ne sera pas possible.

Les forces de défense doivent être déjà partout.

Nous n'y aurons pas accès.

Ta vie est trop précieuse pour notre organisation de résistance."

 

Amish est tombée amoureuse de Paul dès leur première rencontre il y a 5 ans.

Il avait recruté cette grande brune au regard noir après la conférence "intelligence artificielle dans l'art contemporain" lors de laquelle Amish était un des speakers.

La connaissance profonde de l'art et la façon jubilatoire de s'exprimer de Paul l'avait séduite.

Le physique de Paul ne la laissait pas indifférente.

Ils avaient été amant au début, quelques mois.

Paul lui avait dit cash qu’il ne pouvait y avoir de place pour les sentiments.

Ils étaient en guerre.

Amish a toujours des sentiments pour Paul qu’elle cache.

Amish
"Ils t'arrêteront avant.

Ils ne te tueront pas.

Tu parleras entre les mains de leur robots tortionnaires. "

Paul et Eva sont au bord du lac du Salagou et de ses terres rouges exceptionnellement belles.
C'est l'été 2005.

Il fait chaud.

Il n'y a pas beaucoup de monde comme sur les plages du littoral.

Paul cherche un endroit tranquille à l'écart où ils pourront se baigner et s'étendre sur une immense serviette de bain.

Il a envie de lui faire l'amour, d'être en elle.

L'eau douce du lac glisse sur la peau fine et blanche parsemée de tâches de beauté d'Eva.
"Elle est divinement belle".
Ils sont allongés l'un contre l'autre.

Paul lui caresse doucement la cuisse puis le ventre en déposant quelques baisers sur son épaule, puis dans le cou.

Il respire la peau d'Eva.
 

"Tu es sûr que l'on ne nous voit pas derrière ces arbres et buissons ?"

Paul l'a rassure d'une voix douce tout en la caressant.
Il s'approche de sa bouche pour s'y engouffrer.

Son sexe est dur comme du granit.

Paul glisse doucement un doigt puis deux dans le sexe déjà ouvert et mouillé de désir d'Eva.

Ils enlèvent le maillot de l'un et de l'autre.

Entre deux baisers profonds où leurs langues s'entremêlent, elle lui dit : "viens en moi maintenant"
Paul pénètre dans son sexe doucement jusqu'au fond de son vagin.

La sensation est douce et excitante.

Il lui serre fortement comme elle aime, un de ses magnifiques petits seins fermes qui tiennent dans ses mains.

Eva bouge son bassin et se cambre au rythme des va-et-vient de Paul.

Plus rien n'existe au monde.

Elle se bascule légèrement de côté pour qu'il puisse venir encore plus loin en elle et augmenter ainsi sa jouissance, leur jouissance.
Il l'a soulève délicatement en s'allongeant sur le dos pour qu'elle puisse venir sur lui sans que son sexe ne sorte d'elle.

Accroupie sur lui, Eva bouge de plus en plus vite en serrant son vagin sur le sexe droit de Paul planté en elle.

Eva est trempée de plaisir.

Elle pousse de petits râlements continus.

Paul la bascule sur le dos et vient de plus en plus fort en elle.
"Fais-moi jouir"
Eva explose d'orgasme à la giclée chaude et violente de Paul.

Montpellier 8h
 

"Envoyez les équipes dans tous les hôtels et domaines de la métropole de Montpellier. Il y a ce putain de mariage à la con de Mr K aujourd'hui.

Tout le monde doit être évacué immédiatement."
 

"Les drones de transport arrivent de Marseille dans 20 mn patron."

Paul
"Je sais où elle réside."

David
"Tu es complètement fou.

Nous ne pourrons pas l'approcher."

Amish
"Moi, je suis Paul."

Edwina et Carlo en cœur.
“On te suit."

Paul
"Ils sont dans l'hôtel particulier du 2, rue de la salle l'évêque qui donne sur l'esplanade, à côté du musée Fabre.

Kraus possède tous les hôtels particuliers de la rue du même côté.

Une grande partie de sa collection d'art est logée là."

David
"C'est un peu mission impossible."

Paul
"Il se trouve que j'ai habité un appartement de cet hôtel particulier il y a 25 ans.

Même si tout a été repensé lorsque K. l'a racheté.

Je sais comment nous allons y accéder."

Amish
"Les virus que nous lui avons embed font leurs effets.

Signal pédale dans la choucroute.

Nous lui avons aussi injecté l'avatar d'une bombe sensuelle avec les traits de Monica Bellucci à 30 ans.

Je peux vous dire que ses neurones chauffent, même si cette intelligence artificielle est hermaphrodite."

Montpellier fourmille de drones, de militaires et de policiers.

La population a reçu l'ordre par un message individuel de rentrer ou rester chez elle.
 

Un drone de transport se pose devant le musée Fabre, à côté de la rue de la salle l'évêque.

L'hôtel de Mr K. est une forteresse protégée à l'extérieur comme à l'intérieur.

Majordome robot
"Mr est-il au courant qu'un drone de transport pour son évacuation avec madame vient de se poser devant le musée ?"
 

Mr K.
"Je sais.

Allez prévenir madame.

Elle sera évacuée sous peu."

Mr K. aux robots et militaires dans le grand salon du rez-de-chaussée qui donne sur le jardin

"Me faire ça, le jour de mon mariage ?

Comme vous le savez.

Nous installons le quartier général ici en communication avec Signal et New-York."

New-York

"Le plan a de la gueule.

Décapiter le pouvoir et lancer la révolution.

Ils s'imaginent que nous allons les laisser faire ?

Exterminez-moi tous ces rats de terroristes !
Bougez-vous le cul dans les labos pour sortir Signal des limbes !
Une belle merde de confier notre système à une intelligence artificielle.
Allez ! Go ! ou je vous greffe une bite ou un vagin bionique !
Ce n'est pas la peine de sortir des plus prestigieuses universités de la planète si vous êtes incapables de résoudre cette équation."

"Je n'en peux plus Paul.

Il faut que tu fasses quelque chose.

Je n'y arrive plus.

Tout l'équilibre de notre famille repose sur moi.

Ce n'est pas ce que je voulais."

Paul répondait inlassablement aux maints appels au secours d'Eva, épuisée moralement et physiquement par son mécanique "on va s'en sortir.

Tu y arriveras."
Il était incapable psychologiquement de sortir de ce piège dans lequel il s'était enfermé tout seul, bien qu'un peu aidé par Eva ensuite.

Elle ne voulait de toute manière pas entendre ce qu’il pensait et voulait lui dire.

Elle n’avait aucune idée à lui proposer.

Elle ne s’intéressait ni à l’histoire, ni à l’art, ni à la philosophie. La culture n’était pas dans son logiciel.

Ils avaient un dialogue de sourd.

Paul devenait fou de ne rien pouvoir partager avec cette femme.

C’était sans issue.

Du jour où il n'avait pas imaginé que l'amour d'Eva était incommensurable.

Paul avait renoncé à partir travailler à Bruxelles où on lui proposait le job de ses rêves. Il s'était, jour après jour, déconstruit, aveuglé par son amour au-delà de la raison.

Paul avait renoncé à sa propre personne et effacé jusqu'à son propre nom.

Paul était devenu un stratège pour la communication sur le web.

Seulement quelques clients en profitaient et sa femme Eva.

Il s’était imaginé de faire d’elle une universitaire reconnue et une icône.

Paul avait réussi, mais à quel prix ?

Edwina
"Quel est le plan Paul ?"

Paul
"Nous passerons par la terrasse de l'hôtel particulier du N°4 de la rue salle l'évêque. Elle donne juste au-dessus du toit du 2ème étage de Kraus.

Il y a même une échelle scellée dans le mur qui nous permettra de descendre dessus. On s'introduira par la verrière qui peut être ouverte de l'extérieur."

David
"Tu veux lui parler ?

Mais, elle te pense mort.

Cela va être un choc très fort pour elle.

Tu y a pensé ?"

Paul
"Lors de notre séparation il y a 10 ans.

Après, toutes les montagnes que j'avais gravis pour sauver notre amour.

Les milliers de pages que je lui avais écrit.

Une séance chez un psy médiateur du couple.

J'avais compris qu'elle ne voulait pas reconstruire avec moi notre vie de couple, notre amour.

C'était trop douloureux pour elle.

Elle n'en était absolument pas capable.

Elle ne le souhaitait pas.

Eva voulait une séparation.

Eva avait tout organisé.

Elle me faisait croire d’être psychologiquement. N'avait plus d'espoir en moi pour mieux me manipuler.

Elle avait envoyé tout balader parce qu'elle ne voulait pas se regarder en face.

Elle ne voyait pas le changement en route chez moi.

Eva refusait toute communication.

J'avais entendu ses appels au secours.

Elle ne voyait plus mes actes.
Je suis resté pour les enfants plusieurs mois.

Ils furent les plus douloureux de toute ma vie.
Je sentais que si je restais.

J'allais sombrer dans la folie.

Même ailleurs cela me semblait insoutenable.

J’avais compris aussi qu’elle n'était que mensonges et trahison.

Je perdis la garde de mes enfants.

Début 2017, les événements se sont accélérés en France comme vous le savez.

L’'attentat sanglant dans l'amphithéâtre de la Sorbonne qui fit plus de 500 morts un mois avant les présidentielles de 2017 fut l'occasion pour le pouvoir de se transformer en dictature avec l'argument de protéger la démocratie.

L’establishment choisi Macron, un homme du sérail pour être le nouveau président.

La souffrance devenait insoutenable.

Je replongeais dans l’avatar de Nuit Debout pour tout oublier.

Je réactivais le réseau sud résistance que j'avais créé.

Grâce à mes contacts, j'organisais ma propre mort.

Je disparaissais de tous les écrans radar avec une nouvelle identité et de nouvelles empreintes."

Personne n'osait parler.

Ils continuent tous à vaquer à leurs occupations.

Ils se préparaient à partir pour la rue de la salle l'évêque.

Paul

"Je les ai suivies toutes ces années.

Je donnais des coups de pouces à mes filles sans qu’elles ne le sachent.

Eva est devenue la maîtresse de cette ordure de Kraus pape de la frenchtech il y a 5 ans.”

Amish
"Tu veux faire quoi exactement avec elle ?

Tous les mêmes ces mecs.

Ils s'imaginent que parce qu'on les a aimés tout est possible comme ça."

Paul
"Je pense qu'elle n'aime pas ce type.

Elle l'admire comme elle a toujours eu besoin d'admirer l'autre.

Elle est en sécurité financière et libre.

Il doit être aussi gentil avec elle.

Ils voyagent.

Elle fait partie du beau monde.

Il ne doit pas trop mal baiser aussi, car elle aime cela.

Elle a des aventures également.

Je l'ai observé, traqué comme un animal ne se sachant pas chassé.

J'ai fait hacker toutes ses identités numériques pour pouvoir intervenir et protéger mes enfants, mon unique préoccupation, si besoin.

J’étais fou amoureux d'elle depuis le premier jour.

Il y a 10 ans.

J’aurais traversé tous les enfers pour Eva.

Je le lui avais dit, en vain.
Cela m'a rendu dingue.

Elle essayait de se reconstruire en détruisant tout de moi, de nous.

Eva avait préféré ne pas comprendre les causes de notre échec.

Elle avait même renoncé à sa foi.

Je crevais de l’amour total que je lui avais donné.

Elle m’avait laissé me battre comme un fou, me laissant espérer sans rien me dire pour pouvoir mieux me quitter.

Je sombrais chaque jour un peu plus dans la souffrance.

Il ne restait rien, mes enfants d’amour.

Puis tout d’elle fut effacé en moi.

Je respirais à nouveau.

Une femme entra dans ma vie par effraction.

J’étais à nouveau vivant.

Cette nouvelle histoire fut éphémère.

Je compris que je pouvais encore aimer.”

L'hôtel particulier de Mr K est maintenant grouillant de militaires, robots, agents spéciaux.

Mr K
"J'ai eu le labo et New-York.

Nous n'avons pas à nous inquiéter Mr le président.

Ils ne peuvent pas nous atteindre.

Nous reprenons le contrôle de Signal.

Le transfert des datas de tous nos labos autour de Montpellier a déjà commencé.

La migration totale aura bien lieu.

Le commandement de nos forces comme vous l'avez souhaité s'installe chez moi et sur l’Esplanade en face du musée Fabre.

Nous ne partirons pas de la ville sans avoir tout sécurisé et éliminé ces rats de terroristes."

Président Macron

"Je suis désolé pour votre mariage."

Mr K
"Mon mariage aura bien lieu, mais ce soir.

J'ai donné des ordres pour que tout soit prêt dans la propriété que j'ai offert à ma femme près de Toulon il y a 5 ans, le domaine de Farron.

Vous verrez monsieur le président. C'est charmant."

David
"Comment crois-tu que nous allons pouvoir accéder à cette adresse sans être repérés ? Surtout avec ta tête qui s'affiche sur tous les écrans."

Paul
"Nous avons infiltré les forces de sécurité sur place dès que nous avons eu l'informations sur la date du mariage de K. avec Eva.
Nous avons un signe de reconnaissance.

Il s'agit de celui qu'un de mes aïeuls grand maître franc maçon avait inventé il y a un siècle."

Edwina
"Et nous tes plus fidèles compagnons n'étions au courant de rien.

Bonjour la confiance après tant d'années passées ensemble."

 

Edwina est une grande brune pas très jolie et une ancienne championne d’art martiaux, professeur à "Langues 0".

Elle parle couramment 9 langues et un nombre incalculable de dialectes.

Paul
"Cette opération est la plus importante de nos vies et l'avenir de l'humanité libre est en jeu.
Nous avons décidé de tout cloisonner pour qu'il n'y est pas de fuites et d'infiltrations. Avec les cinq As comme ils disent.

Nous nous sommes rencontrés qu'une seule fois ces trois derniers mois.

Ce fut à Heidelberg au musée de la clinique psychiatrique où se trouve rassemblé la formidable collection de Hans Prinzhorn, précurseur de la thérapie par l’art.

Toute notre communication passait par des petits papiers manuscrits codés que transportaient nos envoyés.

Vous même sans le savoir y avez participé."

Carlo
"Putain !

La même pratique que les big boss de Cosa Nostra en Sicile."

Paul
"Absolument, rien ne passait par le net ou des applications cryptées."

"Elle sera surprise.

Nous n'aurons que quelques minutes.

Quatre de vous cinq descendrez à l'étage inférieur pour préparez le plastiquage de l'immeuble.

Vous remontez.

On s'échappe par le chemin initial avant de tout faire exploser."

Amish
"Et si elle ne veut pas te parler?

Te suivre ?

On fait quoi ?"

Paul
"Je ne sais pas.

Tout est possible.

Il faut que je sache.”

"J'ai besoin de te voir pour te poser une question.

Je ne voulais pas te la poser depuis tout ce temps parce que j'avais peur de la réponse, comme j'ai eu peur de le faire toutes ces années."

Paul voulait lui demander

"Pourquoi m’as-tu fait autant de mal ?

Toi qui a éprouvé un amour si intense duquel j’ai cru ne pas être à la hauteur.

Toi qui as cru te sacrifier corps et âme pour notre famille au lieu de dialoguer et de m’écouter pour notre survie, pour notre amour, pour cet homme que je suis. L’homme qui t'a fait rire et rêver.

Pourquoi tant de haine à mon égard ?”

Eva n’eut jamais le courage de lui dire la vérité en face.

Elle lui écrivit en lui faisant croire qu’elle faisait pour le mieux pour leur couple.

"Je ne sais pas quoi te dire Paul.

Tout en moi est cassé.

Je dois d'abord penser à moi, à me reconstruire avant de penser à nous.

Je fais tout au mieux pour nous.

Le nous, je ne sais pas.

Je ne peux pas te répondre.

J'ai été trop malheureuse.

Je me suis fait mal.

Tu m'as fait très mal.

J'ai trop eu de désespoir.

Je ne sais pas si je pourrai surmonter tout cela.

Je suis détruite Paul.

C'est beaucoup trop tôt.

Je vis au jour le jour.

Il faut penser notre histoire au passé.

C’est mieux ainsi.

Tu as pris une autre route et moi mes sentiments sont fanés."
 

Paul la noya sous un flot de mail et SMS avec des preuves pour qu’elle comprenne, pour qu’ils se comprennent, pour sauver cet amour jusqu’à l'extrême limite.

Elle coupa définitivement toutes les communications avec lui.

Ils plongèrent dans le sordide judiciaire.

Leur amour si incandescent, se transforma en déchirure effroyable,

jusqu’à lui prendre ses enfants.

New-York

"Vous en êtes où l'équipe en charge de l'analyse de Nuit Debout il y a 10 ans ?
Balancez-moi les infos sur le grand écran.

Nos autres états majors et laboratoires assistent en simultané.

Alors, pas de bullshit, je veux du clair et du concis.

Nous pouvons trouver une faille chez les terroristes en analysant le passé."

"Comme vous pouvez le voir.

Il y avait chez eux de grands communicants.

Ils écrasaient tout sur les réseaux sociaux avec des opérations mondiales ponctuelles d'une grande ampleur y compris Paul, l'as européen que nous avons maintenant identifié.
Ici vous avez leur opération #15M en référence au mouvement de "los indiñados". 
Ici l'opération Valls à Montpellier et le tweet fait à l'époque.

Il touchait ce salaud 100 fois plus de gens que son nombre de followers soit plus de 210000 personnes.

En plus, il avait fait une sacré RP.

Sa vidéo était diffusée par les médias.

Il y eu plus de 2 millions de vues en 24h.

Bref, ce ne n'est pas une buse de la com notre Paul."
 

"Pas de commentaires perso, nous voulons que du factuel."
 

"Ok patron.
 

Dans ce tweet du 22 juin 2016, nous avons sans doute la première preuve de la création de son réseau de résistance sud.

Les services étaient passés à côté à l'époque, avec un mauvais traitement des datas."

"Il n'avait pas une femme, des enfants ?"

"Beaucoup d'informations ont été corrompues lors des différents stockages.

Signal passe en revue l'ensemble des ses tweets, RTs et mentions.

Nous avons quelque chose de très étonnant.

Vous n'allez sans doute pas aimer."
"De quoi s'agit-il ?"

"Vous connaissez tous Eva Pax, la future épouse de Mr K ?

Elle a RT à plusieurs reprise le compte Nuit Debout.

Et nous venons d'avoir accès à ses comptes sociaux.

Eva Pax était la femme de Paul.

Elle a conservé ce nom de paix en latin après sa mort fictive en février 2017.

Notre as s'appelle Paul Pax."

"Vous avez entendu Montpellier Mr K ?"

Mr K
"Elle ne m'a jamais parlé de lui.

Leurs deux filles m'ont toujours détesté.

Je n'ai pas de rapports avec elles.

L'une est à Rome où elle réalise des études brillantes en histoire de l’art.

Elle fait aussi des piges dans plusieurs médias, La Repubblica et le Messagero.

L'autre est une artiste précoce qui fait les Beaux-Arts à New-York.

Dès notre première rencontre, l'aînée m'avait balancé très doucement, perfide, “ si mon père était vivant nous ne serions pas à cette table.

Il vous combattrait, vous et votre système dictatorial.”

Puis elle s'était levé de table, me jetant son verre de St Estèphe à la figure.

Sa sœur également en me balançant du haut de ses 12 ans que je n'avais aucun raffinement gastronomique.

Je ne pourrais jamais l'acheter avec mes milliards.
Vous pouvez les arrêter toutes les deux.

Elle nous serviront pour faire pression sur lui."
 

Eva entrait dans la pièce au même moment et entendit toute la conversation.

Elle fit mine de ne pas avoir compris qu'il s'agissait de ses propres enfants.
 

"Ce sont des terroristes que vous désirez faire arrêter ?

J'ai bien reçu votre message concernant la fête à Farron.

Je vous remercie de me faire ce plaisir immense mon très cher."

 

Eva n'en pensait pas un mot.

Le domaine était son jardin secret, personne hormis ses filles n'était invité.

Mr K donna des ordres pour raccompagner Eva dans ses appartements à 2 de ses sbires robots.

Eva
"Ce n'est pas la peine.

Je vais préparer quelques affaires pour le transfert à Farron."

Paul donne l'ordre à chacun de sortir de leur cache deux par deux et de prendre un chemin différent pour se rejoindre derrière l'hôtel de Lacey.

Ils se feraient passer pour des agents de sécurité du musée privé de K de la rue salle l'évêque.

New-York

"Nous avons extrait les datas de Signal pour les analyser différemment.
Il s'appelle Paul Pax.

Il a 56 ans.

Nous n'avons aucune photos récentes de lui.

La dernière en notre possession date de juillet 2016.

Il organisait et était l'un des intervenants pour une conférence sur les médias avec un journaliste culture de la Marseillaise aujourd’hui disparu et un universitaire collaborant avec Acrimed critique des médias.

Nous avons retracé son parcours depuis l'enfance entre Paris, Marseille, Rome et Barcelone.

Nous ne pouvons aller plus loin.

Il nous faut l'arrêter pour le faire parler."

"Ce type est de la trempe de ceux qui ne parlent pas y compris avec un interrogatoire poussé.

Nous n'aurons pas de temps devant nous."

"Patron, patron !

Un manifeste est diffusé sur plusieurs médias.

Ils ont hacké le direct.

Signal est le responsable de cette manip."

Il hurle de débrancher immédiatement Signal, puis se reprend.

"Coupez les directs des diffuseurs tout de suite.

Pouvons-nous prendre le contrôle des newsrooms ?"

"Cela ne va pas être possible.

Cela est bien trop contre-productif.

Cela va créer une vague d'empathie.

Les masses risquent de basculer de leur côté."

"Paul, il faut que nous nous parlions.

Je n'en peux plus.

Notre relation ne va plus du tout.

J'ai besoin de faire une pause."

La terre tremblait sous les pieds de Paul.

Alors, qu'il allait beaucoup mieux depuis quelques temps et que cela bougeait dans sa tête enfin et qu'il s'activait pour les sortir de l'ornière.

Tout s'écroulait d'un coup.

Il finit par apprendre qu'Eva le trompe avec un pauvre type qui n’en voulait qu’à son cul et son réseau.

Un charognard qui saute sur celles en détresse.

Elle avait succombé dans le désespoir de leur relation.
Ce type la jeta comme un kleenex ses affaires faites.

Paul lui pardonna.
Il se mit à escalader ses 14 sommets personnels de plus de 8000 mètres, des ascensions sans oxygène par la face nord en hiver.

Il se mit en action immédiatement.

"Amour de ma vie, je viens de résoudre une immense partie de nos soucis financiers. Tu as l'argent sur le compte commun et sur le tien."
Eva fut soulagée.

"J'ai retrouvé ton alliance que tu avais perdu il y a plus d'un mois.

Celle que je t'ai passé au doigt il y a 7 ans exactement."

Elle en fut très heureuse.

"Amour, j'ai trouvé un travail.

Je commence dans une semaine."

Elle trouva cela très bien pour lui.

"Je travaille sur un projet colossal qui devrait voir le jour d'ici 5 mois.

Celui auquel je réfléchissais pour depuis plus d’un an."

Elle n'arrivait pas à voir à plus de trois jours.
Elle s’en moquait éperdument.

Elle voulait le quitter.

Eva n’avait que son amant en tête.

 

“Eva, j’ai sauvé ton entreprise de la faillite, et ta réputation.”

“Merci Paul.”

Eva
"Si cela te plait.

Fais les choses pour toi."

Paul était désespéré.

Il comprit qu'elle avait décidé de se séparer de lui sans lui dire franchement.

Il se battait comme un fou avec l'énergie du désespoir pour lui même, pour elle, pour eux.
Elle partit.

Leur relation se détériora.

Eva refusait toute communication.

Elle avait demandé qu'ils se tiennent à cette règle.

Elle avait besoin d'être loin de lui, de ne plus penser qu'à elle.

Paul avait eu beaucoup de mal.

Il pouvait passer plusieurs fois dans la journée d'un état ultra détendu et concentré à 300% sur son travail, à un état de dérive émotionnelle totale.

Paul avait une toute petite lueur d'espoir.

Tous ses amis lui disaient d'être patient pour que peut-être à la fin, il y aurait une bonne surprise.

Paul n'arrivait pas à vivre.

Il respirait, mangeait, dormait, travaillait, se déchaînait au sport.

Mais, il n'arrivait pas à vivre sans la femme de sa vie.

Ce n'était pas possible.

Il fallait qu'il lui parle, la regarde dormir, la caresse, l'embrasse, l'écoute, la serre contre son cœur, qu'ils fassent l'amour comme des fous.
Paul craquait très fort.

Sa vie, son amour ne tenaient qu'à un fil.

En était-il l'unique responsable ?

Non, elle l'avait culpabilisé depuis longtemps et il n'arrivait pas à en sortir.
Jusqu'à ce qu'Eva lui annonce le divorce et qu'il remonte la totalité de sept ans d'échanges sms et Messenger de plusieurs profils, plus les mails.

Il n'était pas responsable.

Du moins, il l'était beaucoup moins.

Paul comprenait tout.

Il était dévasté.

Il comprenait l'animosité d'Eva à son égard.

Elle avait nourri une sorte de complexe d'infériorité et ne supportait pas par faiblesse et manque de confiance en elle, de lui donner une part de sa notoriété en n'avouant pas à tous l'aide précieuse qu'elle recevait de lui depuis toujours. Elle n’avait que peu de confiance en elle.

Si Paul pouvait exploser de mots immondes et de fureur à son égard, c'était aussi en partie parce qu'Eva refusait toute communication et de faire longuement le point sur leur couple depuis des années.

Paul avait compris qu’Eva n'était que mensonges et manipulation.

Mais elle préférait le trahir et lui mentir jusqu’au bout plutôt que d’accepter de lui dire la vérité.

Paul compris aussi que son amour l’avait totalement aveuglé sur cette femme qui ne s’était jamais intéressée à ses passions culturelles en 12 ans de vie commune.

 

Ils se retrouvent tous devant le n° 4 de la rue salle l'évêque sans encombre.

Le robot de sécurité les laisse entrer.
Ils gravissent tous les étages pour accéder à la terrasse.

Des drones patrouillent dans le ciel.

Ils doivent faire vite pour ne pas être vu.
Edwina glisse.

Carlo l'a rattrape in extremis avant qu'elle ne passe à travers la verrière et qu'ils ne soient pris.

Eva n'est pas bien.

Ces filles sont menacées.

Le chaos est partout.

Elle ne sait pas ce qu'elle doit faire.

Elle est prise de panique.

Paul
"Supprimons les gardes sans faire de bruit.

Je cherche Eva.

Amish, tu restes avec moi, les autres au boulot."

"Tu es la seule femme au monde qui rit aux larmes de mes blagues, et la seule qui me fasse autant rire.

Je suis totalement raide dingue de toi.

Chaque jour, je mesure ma chance extraordinaire que tu sois dans ma vie."
 

Le temps fini par guérir ses blessures.

Paul reprit goût à la vie et à la lutte, loin d’elle, mais déchiré par le manque de ses enfants.

New-York

"Nos stratèges commencent un peu à comprendre leur stratégie.

Tout n'est pas encore limpide.

Nous, nous en approchons.

Ils ont préparé le chaos total.
Première étape pénétrer Signal pour installer la confusion.
Récupérer des datas et en supprimer une masse considérable.
Nous empêcher de remonter jusqu'à Paul.
Supprimer le plus grand nombre de nos dirigeants sur place à Montpellier.
S'infiltrer dans nos laboratoires de nos entreprises sur place.
Diffuser des informations sur nos médias.
Enfin, nous avons décelé un début d'anomalie dans le réseau BankChain en lien avec Signal."

"Que préconisez-vous ?"
 

"Il est déjà presque trop tard.

Il nous faut sauvegarder le maximum de datas et en même temps isoler la plus grande partie de notre système."

"Je ne comprends rien à ce que vous dites."

"Pour faire simple, imaginez que vous roulez dans une belle Ferrari et que vous deviez du jour au lendemain vous déplacer en Ford T."

Amish et Paul s'avancent s'en faire de bruit dans l'appartement.

Ils se dirigent vers le petit salon qui est à l'angle donnant sur le musée Fabre.

Il y a 22 ans, Paul habitait là, lorsqu'Eva le rencontra.

Il n'y a que des bons souvenirs pour elle dans cet appartement.

C'est dans ce petit salon qu'ils faisaient l'amour chaque midi comme des fous la première année.

C'est ici que Paul lui dit pour la première fois, je t'aime.

C'est ici que Paul lui dit qu'il voulait des enfants.

Eva est allongée sur la méridienne.

Elle écoute le "Stabat mater" de Pergolèse.

Paul s'approche doucement derrière elle.
Il la saisit en lui mettant la main sur la bouche pour l'empêcher de crier.
Amish s'assoit à côté d'Eva Pax avec son Walther PPK muni d'un silencieux dans sa main gauche.

Amish
"N'ayez pas peur Eva.

Nous ne vous voulons aucun mal.

Nous souhaitons juste vous parler.

Nous allons enlever la main sur votre bouche et vous lâcher.

Hochez la tête pour signifier votre accord."

Eva est effrayée.

Elle acquiesce.
Paul retire sa main et vient s'asseoir près d'elle.

Il avait rêvé de ce moment des millions de fois depuis 10 ans.
Eva manque de s'évanouir et retient un cri en s'effondrant en larmes.

Paul
"Nous n'avons pas beaucoup de temps.

Tu es en danger."

Eva
"Ils veulent arrêter nos enfants.

Je comprends tout maintenant."

Paul
"C'est pour cela que je suis là, pour nos enfants d'amour et pour toi."

En pleurs, désespérée,

"Tu ne t'arrêteras donc jamais de me faire du mal ?"

Paul d'une voix douce

"Sans que vous le sachiez.

Je suis présent auprès de vous depuis 10 ans.

Je t'expliquerai plus tard.

Le temps nous ai compté.
J'ai une question à te poser.
Je n’ai jamais pu aimer une autre femme.

Je t’avais donné mon amour et ma vie pour l’éternité.

Pourquoi m’as-tu fais autant de mal il y a 10 ans au lieu de me dire : c’est terminé ?

Je ne veux plus vivre avec toi.

J’ai un amant.

Pourquoi avoir été jusqu’à m’arracher mes enfants ?

Pourquoi tout ce mal, alors que je t’avais dit que tu n’existais plus pour moi à jamais. J’avais retrouvé mon métier, ma passion. Une femme était entrée par effraction dans ma vie. J’étais à nouveau amoureux. Je voulais vivre.”

Eva
“Il y a 10 ans.

J'étais incapable de penser.

Je voulais tout détruire et passer à autre chose.

A ta mort, j'ai enfin lu tes derniers écrits.

Ils m'ont tout fait comprendre sur toi, sur moi, sur nous.

J'ai mis 4 ans après ta disparition avant d'avoir une vie plus ou moins normale émotionnellement et me reconstruire grâce à ta psy que j'ai retrouvé.

Je me suis décidé enfin à suivre une thérapie.

Elle m’a tout raconté, ta clairvoyance, ta compréhension, ton esprit sain, ton analyse juste sur toi, moi, notre couple.

J’ai compris que j’avais tout salit, que j’avais préféré te trahir, annihiler notre amour, ne pas dialoguer, plutôt que de me remettre en cause.

Je m’excuse de t’avoir pris les enfants.”

Paul prend sa tête entre ses mains.
"Je t’ai haïe pour tout le mal que tu avais fait à notre famille et à moi même.

Je t’ai détesté pour tout tes mensonges.

Mais, je t’aimais car je ne renonce jamais aux idées, aux valeurs que je porte. Puis, il n’est plus rien resté de toi, de nous dans ma tête.”

 

Eva est totalement déboussolée.

Des larmes coulent toujours sur son visage qui a pris quelques rides.

Elle fait son âge et n’aies plus aussi éblouissante que dans le passé.

D'une voix très basse à peine audible

"Pardon Paul.

Tu a aimé une femme à qui tu n’as jamais su parler.

Une femme qui t’aura fait tant de mal.

Je n’aspire plus qu’à la paix de mon esprit.

Il n’y a plus vraiment de place pour l’amour.

Que vas-tu faire pour nos enfants ?"

 

“Elles sont déjà en sécurité.”

 

“Amish, passe devant.

Nous partons.

Dans 10 mn l'immeuble sera réduit en poussière."
 

Amish est profondément triste.

Elle se désole pour Paul.

Une très forte détonation se fait entendre dans la ville.

Elle est suivie de nombreuses autres.

Ponts, entreprises, laboratoires explosent les uns après les autres.

Elles sont synchronisées.

Drones militaires et médias de la planète foncent en directions de ces lieux.
Paul, Eva et Amish sont rejoints par les autres sous la verrière de l'entrée de l'appartement.

Paul
"Dépêchons-nous. Ils nous restent 5 mn pour nous échapper avant l'explosion.”

New-York

 

"Leur phase 2 vient de commencer sur place, patron.

Ils coupent les voies de communication.

Ils font exploser nos infrastructures.

Notre centre de Los Alamos ne répond plus... "

"La présidente est-elle en sécurité dans air force one ?
Fuck ! C'est la phase deux globale."

L'ensemble des data-center des USA installés dans les universités et les centres névralgiques du pays passent sous le contrôle de la résistance.

Les répercussions sur l'ensemble du globe sont immédiates.

Les bourses sont bloquées, la production industrielle s’arrête.

Les newsrooms du monde entier sont contrôlés par les journalistes membres de la résistance.

Sur les écrans du monde entier, des messages de paix sont diffusés dans l'ensemble des langues et dialectes.

Un réseau alternatif multi-polaire sous contrôle de l'humanité prend la place de Signal.
Un message de paix embed sur les écrans du monde est visionné quatre milliards de fois en quelques minutes.
"La dictature est morte.

La loi martiale est levée immédiatement.

La résistance de femmes et d'hommes libres prend le contrôle provisoire du pouvoir.

Un monde nouveau s'ouvre à nous où chacun, chacune aura sa place.

Tous les services vitaux fonctionnent.

Nous vous engageons à rester chez vous aujourd'hui hormis celles et ceux qui travaillent pour les services publics.
Des élections démocratiques auront lieu dans chaque pays dans un mois.
Liberté"

New-York

"Patron, Signal ne répond plus.

L'ensemble de nos drones sont désactivés.

Nous sommes aveugles."

Paul Pax reprend son identité.

Il passe les fêtes de cette fin d’année 2026 avec ses filles qu’il a retrouvées.

 

On lui propose médailles, honneurs et places diverses.

Il refuse tout en bloc.

Sa mission pour la liberté est finie.

Il n’aspire plus qu’à écouter la douceur de la vie.

 

Paul accepte juste une pension digne et un billet de bateau pour l’Amérique du Sud en partance de Barcelone.

Amish l’accompagne.

Ils sont à nouveau amants.

Elle porte son fils.

Paul met son casque.

Il prend la main de sa belle.

I love you so

Paul est Yellow.

Fabien VIE

Montpellier, Février 2016

A lire aussi, sous la plume de Fabien Vie :

- Applications de rencontres, les femmes sont-elles plus libres ?

- Requiem for a beat