Italie : un collégien de 13 ans poignarde son enseignante en direct sur Telegram
Ce mercredi 25 mars, un collégien de 13 ans a agressé au couteau sa professeure de français à la sortie de l'école Leonardo da Vinci à Trescore Balneario, près de Bergame, en Italie. L'adolescent a filmé l'agression en direct sur l'application Telegram avec son téléphone attaché autour du cou. L'enseignante, âgée de 57 ans, est grièvement blessée mais ses jours ne sont pas en danger.
L'adolescent, vêtu d'un pantalon de camouflage et d'un t-shirt portant l'inscription "Vendetta" (vengeance en italien), s'est présenté devant l'établissement scolaire armé d'un couteau. La vidéo de l'agression, d'une durée de 1 minute et 53 secondes, circulait dans un groupe Telegram avant d'être saisie par les enquêteurs. Les images montrent le jeune garçon s'approcher de sa victime et la frapper à plusieurs reprises.
Selon les premiers éléments de l'enquête, l'adolescent aurait publié un manifeste sur Telegram dans lequel il justifiait son acte par des humiliations répétées. "Elle m'a délibérément humilié", aurait-il écrit en référence à son enseignante de français. Dans ses messages, il décrivait une vie "pleine d'injustices et de manque de respect" et affirmait avoir décidé de "prendre la situation en main".
Le compte Telegram du collégien contenait plusieurs contenus inquiétants : des photos d'armes blanches, des vêtements militaires et ce qui semble être un manifeste annonçant son passage à l'acte. Les autorités italiennes ont rapidement identifié et interpellé le suspect, qui a été placé en garde à vue.
Du matériel explosif découvert à son domicile
Lors d'une perquisition au domicile familial, les carabiniers ont fait une découverte encore plus alarmante : du matériel potentiellement destiné à fabriquer des engins explosifs. L'adolescent possédait également un pistolet d'alarme dans son sac à dos. Ces éléments suggèrent que l'attaque aurait pu être prémédité et que le jeune homme envisageait peut-être un acte de violence encore plus grave.
L'enseignante, Chiara M., a été transportée d'urgence à l'hôpital où elle a été opérée. Malgré la gravité de ses blessures, les médecins affirment que son pronostic vital n'est pas engagé. Elle souffre de plusieurs plaies au niveau du torse et des bras, témoignant qu'elle a tenté de se protéger lors de l'agression.
Une violence scolaire inquiétante
Ce drame rappelle la situation en France, où les agressions contre les enseignants se multiplient. En février dernier, une professeure a été poignardée par un élève au collège de Sanary-sur-Mer dans le Var. À La Courneuve, une enseignante du collège Georges-Politzer reçoit depuis septembre 2025 une centaine d'appels anonymes par jour et des menaces de mort depuis février 2026.
Ces incidents témoignent d'une violence croissante à laquelle font face les enseignants, souvent amplifiée par les réseaux sociaux et les applications de messagerie cryptées comme Telegram. Le fait que l'adolescent italien ait choisi de diffuser son acte en direct illustre une dimension nouvelle et particulièrement préoccupante : la recherche de visibilité et de validation par une communauté en ligne.
Les autorités italiennes ont ouvert une enquête pour tentative d'homicide. L'adolescent, en raison de son âge, sera jugé par le tribunal pour mineurs. Les psychiatres ont été mobilisés pour évaluer son état mental et comprendre les motivations profondes de ce passage à l'acte d'une extrême violence.
En Italie comme en France, cet événement relance le débat sur la prévention de la violence scolaire, la détection des signaux faibles chez les élèves en difficulté et le rôle des plateformes numériques dans la radicalisation de certains jeunes. Le ministre italien de l'Éducation a annoncé qu'une cellule de crise serait mise en place pour accompagner l'établissement scolaire et renforcer les mesures de sécurité.