Virus Nipah en Inde : cinq cas confirmés, une centaine de personnes en quarantaine
L'Inde est confrontée à sa septième épidémie de virus Nipah, avec cinq cas confirmés au Bengale occidental depuis le 12 janvier 2026. Les autorités sanitaires indiennes ont placé près d'une centaine de personnes en quarantaine, tandis que plusieurs pays voisins renforcent leurs contrôles aux frontières.
La situation sanitaire s'est tendue dans l'est de l'Inde après la confirmation de nouveaux cas de contamination au virus Nipah. Deux infirmiers travaillant dans un hôpital privé de Barasat, près de Calcutta, ont été les premiers à être diagnostiqués positifs. Tous deux sont actuellement hospitalisés en soins intensifs. Trois autres cas ont depuis été signalés, portant le bilan à cinq personnes infectées.
Le ministère indien de la Santé a tenu à rassurer la population. « Des mesures de surveillance renforcée, des tests en laboratoire et des enquêtes de terrain ont permis de contenir dans les temps le nombre de cas », a indiqué le ministère dans un communiqué publié mardi soir. Les 196 cas contacts recensés se sont tous révélés négatifs aux tests de dépistage.
Un virus rare mais particulièrement mortel
Le virus Nipah, identifié pour la première fois en 1998 lors d'une épidémie parmi les éleveurs de porcs en Malaisie, reste l'un des agents pathogènes les plus dangereux au monde. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), son taux de mortalité varie entre 40 et 75 %, ce qui en fait une menace sanitaire majeure. Il n'existe à ce jour aucun vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique contre cette maladie.
Les chauves-souris frugivores du genre Pteropus constituent les hôtes naturels du virus. La transmission à l'homme peut survenir par contact direct avec des animaux infectés, par la consommation d'aliments contaminés – notamment des fruits ou de la sève de palmier – ou encore par transmission interhumaine, ce qui renforce les inquiétudes des épidémiologistes.
Les symptômes comprennent une fièvre intense, des vomissements et une infection respiratoire. Dans les cas graves, les patients peuvent présenter des convulsions et une inflammation cérébrale pouvant entraîner un coma. La prise en charge repose essentiellement sur des soins de soutien, comme c'est souvent le cas pour les maladies virales émergentes.
Vigilance internationale mais risque limité
Face à cette nouvelle flambée, plusieurs pays de la région ont pris des mesures préventives. La Thaïlande a instauré des contrôles sanitaires pour les passagers en provenance d'Inde, tandis que le Népal a renforcé sa vigilance aux frontières. Ces dispositifs rappellent ceux mis en place lors des premières phases de la pandémie de Covid-19.
L'OMS se veut toutefois rassurante. L'organisation considère que le risque de propagation internationale du virus Nipah depuis l'Inde reste faible. « Il n'y a pas de preuve d'une transmission interhumaine accrue », ont souligné les experts de l'agence onusienne. Les foyers de Nipah restent généralement localisés et sont rapidement contenus grâce à des mesures de quarantaine strictes.
Cette épidémie constitue la troisième apparition du virus au Bengale occidental depuis 2001, après les foyers de Siliguri (2001) et de Nadia (2007). En juillet 2025, l'État du Kerala, dans le sud-ouest de l'Inde, avait également enregistré quatre cas dont deux décès. Le Bangladesh voisin a pour sa part signalé quatre contaminations entre janvier et août 2025.
Les autorités sanitaires mondiales continuent de surveiller attentivement la situation, conscientes du potentiel épidémique de ce virus. La rapidité de la réponse indienne et l'absence de transmission transfrontalière à ce stade permettent d'espérer une maîtrise rapide de ce nouveau foyer.