États-Unis : des millions de manifestants défilent contre Trump
Des millions de manifestants ont défilé samedi 28 mars à travers les États-Unis lors de la troisième journée de mobilisation « No Kings » contre le président Donald Trump, sa politique d'immigration radicale menée par l'ICE et la guerre en Iran. Parmi eux, des célébrités comme Bruce Springsteen et Robert De Niro ont pris la parole pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme une dérive autoritaire.
Plus de 3 200 rassemblements ont été organisés dans les cinquante États américains, mobilisant au moins huit millions de personnes selon les organisateurs. Le mouvement « No Kings », une coalition progressiste d'activistes, estime que les actions de Trump s'apparentent davantage à celles d'un monarque qu'à celles d'un président démocratiquement élu. « La situation n'est pas normale », scandaient les manifestants dans les rues de New York, Los Angeles, Chicago et des milliers de petites villes du pays.
Les manifestants dénonçaient principalement trois aspects de la présidence Trump : les pratiques de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), la guerre déclenchée contre l'Iran il y a un mois, et ce qu'ils perçoivent comme une concentration excessive des pouvoirs. « Pas de rois, pas d'ICE, pas de guerre », pouvait-on lire sur de nombreuses pancartes. Des symboles de paix et des messages antiguerre dominaient les cortèges.
Springsteen et De Niro en première ligne
La légende du rock Bruce Springsteen a donné un concert au Capitole de l'État du Minnesota, à Saint Paul, où il a interprété « Streets of Minneapolis », une chanson écrite en hommage à deux Américains tués par des agents fédéraux lors d'opérations de police de l'immigration : Renee Good et Alex Pretti. Le sénateur Bernie Sanders a également pris la parole, saluant la « solidarité extraordinaire » de la communauté du Minnesota face aux pratiques de l'ICE.
À New York, des dizaines de milliers de personnes ont marché dans les rues, menées par l'acteur Robert De Niro. Sur Times Square, devant des panneaux lumineux clignotants et une foule dense, De Niro a déclaré qu'aucun président n'avait jamais représenté « une menace existentielle aussi grave pour nos libertés et notre sécurité », appelant à « l'arrêter ». Parmi les autres personnalités présentes figuraient les influenceurs progressistes Hasan Piker et Harry Sisson.
Une mobilisation qui dépasse les frontières
Le mouvement de protestation n'a pas épargné d'autres régions du pays. À Portland, dans l'Oregon, des manifestations ont dégénéré en fin de soirée devant un centre de détention de l'ICE, conduisant la police à procéder à plusieurs arrestations pour agression et dégradations. Dans le comté de Racine, dans le Wisconsin, quelque 2 500 résidents se sont rassemblés pacifiquement.
La mobilisation a également franchi les frontières américaines. Des rassemblements de solidarité ont eu lieu de l'autre côté de l'Atlantique, à Rome, Amsterdam, Madrid et Athènes, ainsi qu'au Canada et au Mexique. Cette internationalisation du mouvement témoigne de l'inquiétude mondiale face à la politique étrangère américaine, notamment concernant le conflit iranien qui entre dans son deuxième mois.
Les organisateurs de « No Kings » ont annoncé que d'autres actions étaient prévues dans les semaines à venir, affirmant que le mouvement continuerait tant que « les politiques antidémocratiques » de l'administration Trump se poursuivraient. Cette troisième vague de manifestations en un an marque une escalade dans l'opposition populaire à la présidence républicaine, portée par la colère croissante contre la guerre en Iran et les méthodes jugées brutales de l'ICE dans l'application des lois sur l'immigration.