Vosges : le préfet interdit le spectacle de Dieudonné
Par arrêté préfectoral publié ce vendredi 31 janvier 2026, le préfet des Vosges a décidé d'interdire la représentation du spectacle « Best Of » de Dieudonné sur l'ensemble du territoire vosgien. Cette mesure s'inscrit dans une série d'interdictions prononcées par plusieurs préfectures françaises à l'encontre de l'humoriste multi-condamné pour propos antisémites et apologie du terrorisme.
L'arrêté préfectoral s'applique du samedi 31 janvier à partir de 15 heures jusqu'au lundi 2 février à 8 heures. Dans ses motivations, le représentant de l'État rappelle que « les spectacles de l'humoriste comportent de manière récurrente des propos portant atteinte à la dignité humaine », notamment par des références relevant de l'apologie du terrorisme ou de la banalisation d'attentats.
Le préfet souligne également le « caractère antisémite de certains propos » tenus lors de précédentes représentations, susceptibles de constituer un trouble grave à l'ordre public. La décision s'appuie sur la jurisprudence constante du Conseil d'État, qui reconnaît à l'autorité administrative la possibilité d'interdire un spectacle présentant des risques avérés pour l'ordre public et le respect des valeurs fondamentales de la République.
Une cascade d'interdictions à travers la France
L'interdiction vosgienne s'ajoute à une longue liste de décisions similaires prises ces dernières semaines. Le préfet de Meurthe-et-Moselle a également signé un arrêté interdisant le spectacle ce même samedi 31 janvier. La préfète de Haute-Savoie avait pris les devants début janvier, tandis que la préfecture d'Eure-et-Loir a publié le 22 janvier un arrêté interdisant une représentation près de Chartres.
Ces mesures font suite à un incident survenu le 18 janvier dernier dans les Alpes-Maritimes. À Caussols, la gendarmerie avait dû évacuer environ 200 spectateurs venus assister à un spectacle de Dieudonné pourtant interdit par arrêté préfectoral. Le non-respect de ces interdictions expose les organisateurs et participants à des amendes pour contraventions de deuxième classe.
Un humoriste aux multiples condamnations judiciaires
Dieudonné M'bala M'bala cumule depuis le début des années 2000 de nombreuses condamnations pour incitation à la haine raciale, injures antisémites et apologie du terrorisme. En 2015, il avait écopé de sa première peine de prison avec sursis pour avoir publié « Je me sens Charlie Coulibaly » après les attentats de janvier.
En 2022, la cour d'appel de Paris l'a condamné à 100 jours-amende de 100 euros pour deux vidéos antisémites publiées en 2020, reconnu coupable d'injure antisémite, de provocation à la haine et de contestation de crime contre l'humanité. Il a également été banni en 2020 des principales plateformes en ligne, dont YouTube, Facebook et Instagram.
Sur le plan financier, l'humoriste a été condamné en 2021 à trois ans d'emprisonnement dont deux ferme et 200 000 euros d'amende pour fraudes fiscales et blanchiment. Il a également perdu son théâtre de la Main d'Or à Paris après confirmation de son expulsion par la justice. Face à cette accumulation de décisions judiciaires défavorables, les préfets disposent d'un arsenal juridique solide pour justifier les interdictions de ses représentations.