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UNESCO : dossier jugé complet pour cinq mausolées royaux algériens

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Le dossier algérien des mausolées royaux antiques a passé le contrôle technique du Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO. Il entre maintenant en évaluation préliminaire auprès des organes consultatifs, a annoncé le ministère de la Culture et des Arts dans un communiqué repris dimanche 8 novembre par l'APS. Cinq monuments funéraires sont concernés, d'Imedghassen à Tin Hinan. Leur inscription sur la Liste du patrimoine mondial n'est pas acquise : la procédure ne fait que commencer.

Selon le communiqué, publié par Algérie Eco, le Centre du patrimoine mondial « a confirmé que le dossier algérien répond à l'ensemble des exigences techniques fixées par les Orientations opérationnelles de la Convention du patrimoine mondial de 1972 ». Le dossier a donc été intégré « au processus d'évaluation préliminaire par les instances consultatives compétentes ». Le ministère précise que 60 dossiers avaient été déposés et que 35 seulement ont été retenus pour cette étape. Ces chiffres viennent du ministère : l'UNESCO ne les a pas publiés à ce jour.

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Le ministère y voit « une étape encourageante sur la voie de la reconnaissance internationale » de ces monuments, et « une nouvelle phase dans le processus de valorisation et de préservation du patrimoine culturel algérien ». Le dossier couvre une longue période, du IVe siècle avant J.-C. au VIe siècle après J.-C. Algérie360, qui a relayé l'annonce le même jour, rappelle que franchir ce cap ne garantit pas l'inscription.

Cinq tombeaux royaux, de Batna au Hoggar

La candidature réunit le mausolée royal d'Imedghassen, dans la wilaya de Batna, le mausolée royal dit de Massinissa à El Khroub, près de Constantine, et le mausolée royal de Siga, dans la wilaya d'Aïn Témouchent. S'y ajoutent le monument funéraire d'Abalessa, associé à la figure de Tin Hinan, dans le Hoggar (wilaya de Tamanrasset), et les Djeddars de Frenda, dans la wilaya de Tiaret. Les cinq sites sont répartis du nord du pays jusqu'au Sahara.

Imedghassen, aussi appelé Medracen, est présenté comme le plus ancien des cinq. C'est un grand tumulus de pierre circulaire, souvent décrit comme le plus ancien mausolée royal conservé d'Afrique du Nord. Le monument d'El Khroub est une tour funéraire numide proche de l'antique Cirta. À Abalessa, le tombeau de Tin Hinan occupe le sommet d'une colline près de l'oasis. Les Djeddars de Frenda forment un ensemble de mausolées bâtis sur des collines.

Le projet figure sous le nom « Les Mausolées Royaux de l'Algérie antique » sur la liste indicative de l'Algérie, l'inventaire des biens qu'un pays compte proposer, depuis avril 2025. Il reprend une proposition plus ancienne, puisque l'Algérie avait proposé Imedghassen dès 2002, dans un ensemble de mausolées royaux. Le pays porte aussi d'autres dossiers à l'UNESCO, dont la candidature de la Muqaddima d'Ibn Khaldoun au registre Mémoire du monde, portée depuis septembre avec la Tunisie, l'Égypte et la Turquie.

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Ce qui reste à franchir avant une inscription

L'évaluation préliminaire est la première des deux phases d'examen. Pour un bien culturel, elle est confiée à l'ICOMOS, l'organe consultatif de l'UNESCO pour le patrimoine culturel. D'après la description de sa procédure, cette phase dure 12 mois. Elle se fait sur dossier, à partir d'expertises internationales et de consultations des comités scientifiques de l'ICOMOS, sans mission sur les sites. Elle est désormais obligatoire avant toute proposition d'inscription.

À l'issue, l'ICOMOS remet à l'Algérie un rapport qui dit si les mausolées peuvent démontrer une « valeur universelle exceptionnelle », le critère central de la Liste. Ce rapport n'est pas rendu public, sauf si le pays dépose ensuite une candidature complète. Il reste valable cinq ans. Passé ce délai sans dossier complet, il faut refaire une demande.

Vient ensuite la seconde phase, qui dure 15 mois. Elle comprend cette fois une mission d'experts sur les sites et un examen de l'état de conservation, de la protection juridique et du plan de gestion. L'ICOMOS recommande alors, notamment, une inscription, un renvoi ou un report. En cas de renvoi, le pays a trois ans pour apporter des compléments sur la protection et la gestion des sites. Un report oblige à déposer un nouveau dossier. La recommandation est transmise au pays six semaines avant la session annuelle du Comité, puis publiée par l'ICOMOS. Le Comité du patrimoine mondial, qui réunit 21 États et siège une fois par an, prend la décision finale. Aucune date d'inscription n'a été annoncée pour les cinq mausolées.

Photo d'illustration : le mausolée d'Imedghassen (Medracen), dans la wilaya de Batna, en mai 2015. Zakaria Mimouni / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, image redimensionnée.

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