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Centrales solaires du Maroc : l'AFD interpellée au Sénat le 28 octobre

Les centrales solaires du Maroc se sont invitées au Sénat, mercredi 28 octobre 2026. Lors de l'examen du rapport d'information sur le contrat d'objectifs et de moyens de l'Agence française de développement (AFD), le sénateur Christian Cambon a estimé que la France avait financé les études de ces projets sans que ses entreprises n'en décrochent les travaux. Olivier Cadic, qui représente le Sénat au conseil d'administration de l'AFD, demande de son côté un suivi chiffré des marchés remportés par les entreprises françaises.

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La scène se déroule devant la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, présidée par Cédric Perrin. Christian Cambon y présentait, avec son corapporteur François Rebsamen, le premier contrat d'objectifs et de moyens de l'AFD examiné depuis celui de la période 2020-2022. Selon le compte rendu officiel publié par le Sénat, le rapport d'information a été adopté à l'issue de la réunion, close à 11 h 20. C'est en répondant aux questions de ses collègues que le sénateur a pris l'exemple marocain.

Sa phrase a été relevée par Bladi.net : « pour les grandes installations solaires du Maroc, ce sont les Français qui ont payé les études et ce sont les Espagnols et les Émirats qui ont fait le travail. De cela, nous commençons à en avoir un peu assez ». Christian Cambon met en cause le poids du prix dans les appels d'offres : « avec pour seul critère principal le moins-disant, nous avions toujours une entreprise étrangère qui était moins-disante que nous ». Il invite aussi à « cesser d'être les bisounours de cette affaire », en citant le Japon et la Corée, qui selon lui « viennent chercher la contre-valeur de l'aide qu'ils apportent ».

Noor Ouarzazate, des prêts français et un chantier espagnol

Le complexe Noor Ouarzazate, 570 mégawatts au total, est le premier étage du plan solaire marocain piloté par l'agence Masen. D'après la fiche projet de l'AFD, les centrales Noor I et Noor III ont bénéficié de deux prêts de l'agence française, de 100 millions et 50 millions d'euros, ainsi que d'une subvention de 300 000 euros. Ces prêts portent sur les centrales, alors que le sénateur parle plus précisément des études. Noor I, une centrale thermosolaire de 160 mégawatts, a été mise en service en février 2016. Le projet visait, selon l'AFD, à réduire la dépendance énergétique du royaume, qui reste tributaire de ses importations de pétrole.

Sur le chantier, le groupe Sener indique sur sa fiche de référence que le contrat clé en main de Noor I a été confié à un consortium espagnol formé de Sener, Acciona et TSK, pour le compte du développeur ACWA Power, un groupe saoudien. Sener précise avoir participé, dans le même consortium, aux deux autres centrales thermosolaires du site, Noor II et Noor III. Les entreprises françaises ne sont pas pour autant absentes du programme solaire marocain : dans un communiqué du 22 mai 2026, Eiffage annonce construire pour Masen quatre centrales photovoltaïques du programme Noor Atlas, d'une puissance totale de 225 mégawatts-crête, avec une livraison prévue mi-2027.

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Le Sénat veut suivre les contrats des entreprises françaises

Olivier Cadic a salué un changement de doctrine depuis l'arrivée du directeur général Christophe Lecourtier, ancien ambassadeur de France à Rabat, pour passer « au mieux-disant à la place du moins-disant, lequel bénéficiait finalement à d'autres concurrents ». Il conteste le chiffre de 80 % de marchés gagnés avancé par la précédente direction : selon son calcul, les entreprises françaises ne répondaient qu'à 60 % des appels d'offres, ce qui ramène leur taux de succès réel à 48 %. Il dit avoir obtenu l'engagement d'un objectif de 60 % de taux de succès et a demandé au directeur général « de suivre attentivement cette question et de partager avec nous ces éléments ». Il a aussi souhaité que les rapporteurs disposent d'un tableau de bord, « éventuellement trimestriel », une idée approuvée par Christian Cambon.

Ce chiffre ne doit pas être confondu avec l'indicateur inscrit dans le nouveau contrat, présenté par François Rebsamen : 60 % des projets soutenus par l'AFD devront voir des entreprises françaises se porter candidates. Le corapporteur indique que l'agence a déjà modifié ses critères pour ne plus faire dépendre les marchés du seul prix. Le contrat prévoit 756 millions d'euros de moyens en 2027, un montant qui pourrait atteindre 926 millions d'euros au cours des deux années suivantes. Christian Cambon a également appelé à reconstruire la relation de la France avec l'Afrique « avec des pays amis, tels le Maroc », un pays qui figure aussi parmi les bases de production étudiées dans notre comparatif textile en gros entre la Chine, la Turquie et le Maroc. Le royaume attire aussi des retraités venus de France, une destination que nous comparons à ses voisins dans notre guide de la retraite au soleil entre le Portugal, l'Espagne, la Grèce, le Maroc et la Tunisie.

Photo : Richard Allaway / Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

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