Gaz au 1er novembre : ce que la hausse change selon chauffage ou cuisson
Le prix repère de vente de gaz (PRVG) augmente en moyenne de 6,6 % TTC ce dimanche 1er novembre 2026 : il passe de 182,88 à 194,90 €/MWh TTC, selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE). L'abonnement ne bougeant pas, l'écart se concentre sur le kWh : +8,3 % par kWh, pour le chauffage, d'après le comparateur Hello Watt. Seuls les foyers dont l'offre est indexée sur ce repère sont concernés.
La CRE estime l'effet à 12 € TTC en moyenne sur la facture de novembre pour les consommateurs dont l'offre est indexée sur le PRVG. Cette hausse suit celle d'octobre, de 6,3 % (de 172,05 à 182,88 €/MWh, d'après le communiqué de la CRE du 10 septembre). Cumulées, les deux hausses représentent +13,3 % en deux mois, de 172,05 à 194,90 €/MWh. Seule la part approvisionnement évolue au 1er novembre, en raison de la hausse des prix sur les marchés du gaz en septembre par rapport à août.
Il n'existe plus de tarif réglementé de vente du gaz depuis le 1er juillet 2023. Le PRVG n'est pas une offre à laquelle on peut souscrire : une partie des offres commercialisées lui est indexée, et la CRE le qualifie de « boussole ». Environ 6 millions de clients résidentiels ont une offre indexée, soit près de 60 % des abonnés au gaz, selon l'AFP. Les ménages en offre à prix fixe, environ 40 % des consommateurs résidentiels de gaz fin 2025 selon la CRE, ne sont pas concernés. Au 30 juin 2026, 10,23 millions de ménages avaient un contrat de gaz naturel.
Chauffage ou cuisson : la grille de novembre en €/kWh
La grille publiée par la CRE pour la zone GRDF, qui couvre environ 95 % des clients résidentiels, distingue deux usages. Pour la cuisson et l'eau chaude, l'abonnement s'élève à 152,46 € par an TTC et le prix moyen du kWh à 0,19027 € TTC, avec une fourchette de 0,18560 à 0,19999 € selon la zone. Pour le chauffage, l'abonnement atteint 360,79 € par an TTC et le kWh 0,15760 € TTC en moyenne, entre 0,14798 et 0,17639 €. Tous consommateurs confondus, la grille de la CRE affiche 141,20 €/MWh HT, soit 194,90 €/MWh TTC. Les prix repères des entreprises locales de distribution sont publiés à part, en open data.
D'après Hello Watt, site commercial qui propose des offres à prix fixe, le kWh chauffage passe de 0,1456 € en octobre à 0,1576 € en novembre, soit +8,3 % par kWh, pour le chauffage. Pour la cuisson et l'eau chaude, il passe de 0,1783 à 0,1903 €, soit +6,7 %. L'abonnement restant identique (12,71 € par mois pour la cuisson, 30,07 € par mois pour le chauffage), la hausse du kWh paraît plus forte que la moyenne de 6,6 %, qui porte sur l'ensemble du prix repère. Un foyer qui se chauffe au gaz est donc un peu plus touché, en proportion, qu'un foyer qui n'en use que pour la cuisine.
Hello Watt calcule aussi, pour un foyer chauffé au gaz et consommant 13 000 kWh par an, une facture annuelle de 2 410 € au prix de novembre, contre 2 254 € au prix d'octobre, soit 156 € de plus par an. Ce montant est un calcul sur une année entière au prix du mois, et non une facture réelle. Les foyers chauffés au gaz qui consomment entre 4 et 6 MWh par an peuvent être classés « cuisson-eau chaude » ou « chauffage » selon les fournisseurs : la CRE invite ces ménages à comparer avant de tirer des conclusions sur leur propre situation.
Deux pourcentages circulent et ne se comparent pas. Hello Watt relève que le kWh chauffage est passé de 0,1019 € en janvier à 0,1576 € en novembre, soit +54,7 % : c'est le prix du kWh à deux instants donnés. La CRE, elle, indique que si la situation reste « à peu près stable » d'ici la fin de l'année, la facture annuelle 2026 pourrait être en moyenne 11 % plus élevée que celle de 2025, soit environ 135 € TTC de plus, « les prix de début d'année ayant été relativement bas ». Il s'agit cette fois d'une facture sur douze mois, que le début d'année bon marché tire vers le bas. Le 10 septembre, la CRE tablait encore sur +10 %, soit 120 € ; elle a relevé son estimation le 12 octobre.
Contrat indexé, marchés de gros et trêve hivernale
Pour savoir si l'on est concerné, il faut regarder son contrat ou sa facture : si le prix du kWh y est présenté comme indexé sur le prix repère de vente de gaz, il varie chaque mois. La CRE recommande d'utiliser le comparateur d'offres du Médiateur national de l'énergie (energie-info.fr) et rappelle que le prix d'une offre fixe sur un an peut différer sensiblement du prix repère. Comparer suppose de connaître sa consommation annuelle en kWh et la classe de son contrat, chauffage ou cuisson-eau chaude.
La mécanique explique la hausse. L'approvisionnement repose à 80 % sur l'indice mensuel MA2 et à 20 % sur l'indice trimestriel QA, à partir des cotations EEX constatées le mois précédant la livraison. L'acheminement évolue seulement au 1er avril et au 1er juillet, et les taxes (CTA, TVA, accise) s'ajoutent. Or, selon l'AFP, « L'indice TTF néerlandais, référence du marché européen, est passé de 31,47 euros/MWh le 27 février à 82,76 euros/MWh pour les contrats du mois de novembre, depuis le début de la guerre dans le Golfe. »
Le prix de décembre, que la CRE publiera courant novembre, reposera sur les cotations d'octobre, période où le TTF a touché 100 €/MWh, une première depuis décembre 2022 ; le prix repère de novembre ne reflète pas ce seuil. Cette tension sur l'énergie se lit aussi dans les prix à la consommation : l'inflation a atteint 3,4 % sur un an en octobre, avec une énergie en hausse de 24,1 % selon l'Insee. Pour le reste des changements du jour, notre récapitulatif de ce qui change autour du 1er novembre détaille les autres dossiers.
La trêve hivernale démarre elle aussi ce 1er novembre et dure jusqu'au 31 mars 2027. D'après la fiche du Médiateur national de l'énergie, le fournisseur ne peut pas, pendant cette période, faire couper l'électricité ou le gaz naturel pour impayé dans la résidence principale. Les résidences secondaires ne sont pas protégées, et la trêve ne couvre ni le fioul, ni le bois, ni le gaz en citerne. Pour l'électricité, le fournisseur peut réduire la puissance ; rien d'équivalent n'est prévu pour le gaz naturel. La trêve suspend la coupure, pas la dette : les factures de novembre, même plus élevées, restent dues.