Gaz : le TTF européen touche 100 €/MWh, une première depuis décembre 2022
Le prix de référence européen du gaz a atteint 100 euros le mégawattheure mercredi 28 octobre 2026, une première depuis décembre 2022. Les perturbations venues du Moyen-Orient et la crainte d'une escalade pèsent sur le marché, alors que les stocks européens sont à des niveaux historiquement bas. En France, le prix repère de novembre ne reflète pas encore ce seuil.
Mercredi 28 octobre 2026, le contrat néerlandais TTF, à l'échéance la plus proche, a touché 100 euros le mégawattheure. Selon les données d'ICE citées par Reuters via Boursorama, il a brièvement atteint ce niveau vers 13 h 35 GMT. Il a ensuite reculé à 99,725 euros vers 14 h 20 GMT. Le seuil a donc été effleuré en séance plus qu'il ne s'est installé, ce qu'il faut garder en tête.
C'est la première fois que le TTF atteint ce niveau depuis décembre 2022. Sur la journée, La Libre fait état d'une hausse de plus de 4 %. Ces chiffres sont des relevés de séance : ils peuvent évoluer d'une heure à l'autre, et cet article s'en tient aux données publiées le 28 octobre.
Des tensions sur l'approvisionnement et des stocks bas
Reuters cite comme causes des perturbations des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient et des craintes d'une escalade. À cela s'ajoute le début de la saison de chauffe, qui fait augmenter la demande. Le marché réagit donc à la fois à l'offre, à la peur de la voir se réduire, et à un besoin saisonnier.
La Libre rapporte une information du Wall Street Journal : les États-Unis ont averti plusieurs États du Golfe de se préparer à une « campagne courte et intense » après les élections américaines de mi-mandat. Donald Trump n'a pas encore décidé. Il s'agit d'une information rapportée de seconde main, sans décision confirmée à ce stade.
Reuters indique que les prix sont environ trois fois supérieurs à ceux d'avant le début de la guerre, à la fin du mois de février. Le seuil des 100 euros s'inscrit donc dans une période de cours élevés, et non dans un épisode isolé. Les données disponibles ne permettent pas, en revanche, de dire combien de temps ce niveau durera.
Reuters et La Libre s'accordent sur un point : les réserves européennes sont à des niveaux « historiquement bas ». Ce contexte rend le marché plus sensible aux mauvaises nouvelles venues de l'approvisionnement. Quand les stocks sont faibles, chaque perturbation compte davantage.
Dans un article lié, La Libre cite le cabinet ICIS. Selon lui, lors d'un hiver rigoureux, le stockage européen pourrait tomber vers 10 % de remplissage. C'est une estimation conditionnelle, liée à un hiver rude, et non une prévision pour l'hiver qui s'ouvre.
Reuters rapporte aussi que des analystes du secteur s'attendent à au moins un an de prix élevés. Ils jugent que ce serait le cas même si le conflit cessait et si l'hiver était doux, car il faudra reconstituer les stocks. Autrement dit, une accalmie ne ferait pas retomber immédiatement les cours.
L'agence souligne que cette hausse pèse sur le pouvoir d'achat des ménages et sur les coûts des entreprises. Ni Reuters ni La Libre ne chiffrent en revanche l'impact sur les factures françaises. Il serait donc hasardeux d'avancer un montant : aucune des deux sources ne le fait.
Ce que disent les sources et ce qu'elles ne disent pas mérite d'être séparé. Elles décrivent un marché tendu, des stocks bas et des perspectives de prix élevés. Elles ne disent rien de l'évolution des tarifs que les ménages verront sur leurs factures.
Le prix repère de novembre et les vérifications utiles
En France, le prix repère de vente du gaz publié par la CRE le 12 octobre 2026 s'établit à 194,90 €/MWh TTC au 1er novembre, contre 182,88 € en octobre, soit une hausse de 6,6 %. Il reflète la hausse des cours de gros de septembre par rapport à août. Pour le détail de ce changement de calendrier, on peut se reporter à l'article sur ce qui change autour du 1er novembre 2026.
Seuls les ménages dont l'offre est indexée sur ce prix repère sont concernés, soit environ 6 millions de foyers selon Wizbii. La CRE chiffre le surcoût à environ 12 € TTC en moyenne sur la facture de novembre. Hello Watt indique que le kWh progresse de 6,7 % pour la cuisson et l'eau chaude, et de 8,3 % pour le chauffage.
Les foyers en offre à prix fixe ne sont pas touchés directement. Cette distinction compte, car deux voisins peuvent voir des évolutions très différentes selon leur contrat. Elle invite aussi à lire les moyennes citées plus haut avec prudence.
Une déduction s'impose, à formuler avec réserve. Le prix repère suit les cours de gros du mois précédent. Le seuil franchi le 28 octobre ne figure donc pas encore dans le prix de novembre, qui reflète la hausse de septembre. Rien dans les données disponibles ne permet d'avancer un chiffre pour le prix repère de décembre, et cet article ne le fait pas.
Les gestes utiles sont simples. Le premier consiste à vérifier si son contrat est indexé ou à prix fixe. Le second est de consulter sa dernière facture ou son espace client, où l'on trouve le mode de calcul du prix. Aucun autre dispositif n'est évoqué ici, faute de source dans le dossier.
Reste une inconnue majeure : la durée. Un contact avec les 100 euros en séance, suivi d'un léger repli, ne dit pas si le marché s'installera à ce niveau. Ce que l'on sait, c'est que les stocks sont bas, que la demande saisonnière démarre et que des analystes attendent des prix élevés pendant au moins un an.
Pour les autres dépenses d'énergie du foyer, voir notre guide Aide carburant 100 € : demande ouverte, qui y a droit et prime carburant et notre article sur la baisse du gazole attendue le 1er novembre.