Grève du 5 novembre : mon enfant sera-t-il accueilli à l'école ?
Oui, si votre enfant est en maternelle ou en élémentaire : même si son enseignant fait grève le jeudi 5 novembre, il doit être accueilli gratuitement pendant le temps de classe. C'est le service d'accueil, souvent appelé service minimum. Qui l'organise et où dépend du nombre d'enseignants grévistes dans l'école. Ce jour-là, la CGT, FO, la CFDT, la FSU et l'Unsa appellent à une journée nationale de grève, que rejoignent les quatre syndicats représentatifs de la SNCF, tandis que des organisations lycéennes annoncent de nouveaux blocages. Voici ce qui est connu au lundi 2 novembre.
Si moins de 25 % des enseignants de l'école se sont déclarés grévistes, le rectorat organise l'accueil des enfants avec les enseignants non grévistes, dans l'école, rappelle Service-Public. À partir de 25 %, c'est la commune, ou l'intercommunalité quand elle a la compétence scolaire, qui assure l'accueil et en fixe le lieu : l'école elle-même, même fermée ou partiellement ouverte, ou d'autres locaux comme un gymnase, un centre de loisirs ou une salle polyvalente. Le maire établit une liste de personnes chargées d'encadrer les enfants, par exemple des agents municipaux, des animateurs de centre de loisirs ou des parents d'élèves. Dans une école privée sous contrat, l'accueil est organisé par l'organisme gestionnaire de l'école.
Pour savoir ce qui est prévu jeudi, il faut guetter les informations du directeur d'école : il doit prévenir les familles des conséquences prévisibles de la grève, par un affichage devant l'école, par courriel ou par SMS. La liste des personnes prévues pour l'accueil est aussi transmise aux représentants élus des parents d'élèves. Ce droit d'accueil est prévu par le Code de l'éducation pour les écoles maternelles et élémentaires. Les appels à la grève touchent l'enseignement public comme privé, selon l'AFP. Le Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées, appelle lui aussi à la grève le 5 novembre et réclame notamment une hausse de 20 % du point d'indice, sur sa page de campagne.
Lycées : blocages annoncés mardi et jeudi
Lundi 2 novembre à 9 h 30, jour de la rentrée de la Toussaint, le ministère de l'Éducation nationale comptait 41 établissements bloqués, soit environ 1 % des quelque 3 700 lycées, selon franceinfo et l'AFP. L'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante appellent à bloquer lycées et universités le mardi 3 puis le jeudi 5 novembre, et le mouvement Les Lycéens ! dès le lundi. « Autant qu'il faudra », prévient Ryad Rani, président de l'USL, cité par Sortir à Paris. Avant les vacances, plus de 160 lycées franciliens avaient dû fermer totalement ou partiellement lors des journées les plus suivies. À Paris, une manifestation étudiante du Panthéon au siège du Medef est prévue le 3 novembre.
Le gouvernement a présenté le 26 octobre une refonte de Parcoursup en deux temps (des améliorations dès la session 2027, un nouveau système en 2028) et un plan de 5 milliards d'euros pour les lycées et les universités. Selon franceinfo, il a aussi annoncé l'annulation des suppressions de postes, 500 postes supplémentaires, un plafond de 28 élèves en seconde et 15 000 places dans le supérieur, quand les organisations en réclament 250 000. Les syndicats lycéens ne seront pas reçus avant huit jours, et Sébastien Lecornu a demandé au ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, une réponse rapide pour les 200 lycées les plus problématiques.
Trains, métro, Smic : ce qui est connu au 2 novembre
À la SNCF, la CGT-Cheminots, l'Unsa-Ferroviaire, SUD-Rail et la CFDT-Cheminots ont signé mi-octobre un appel commun à la grève le 5 novembre, selon TourMaG, et cet appel est toujours maintenu au 2 novembre. Les quatre fédérations appellent aussi à un rassemblement le mardi 3 novembre devant le siège de l'entreprise à Saint-Denis, jour d'une réunion sur le pouvoir d'achat avec la direction. Elles demandent une augmentation générale des salaires, la revalorisation des primes de travail et de l'indemnité de résidence, ainsi qu'un treizième mois pour tous les cheminots, en mettant en avant le bénéfice net semestriel de 1,2 milliard d'euros annoncé par la SNCF en juillet.
Aucun chiffre de trains supprimés n'est connu à ce stade. Les prévisions de trafic de la SNCF et de la RATP devraient être connues mardi, selon l'AFP. Les grévistes devant se déclarer 48 heures à l'avance, la SNCF publie son plan de transport le mercredi 4 novembre vers 17 heures, sur SNCF Connect et Transilien, précise Sortir à Paris. En Île-de-France, les RER C, D et E et les tronçons SNCF des RER A et B sont les plus exposés. Aucun préavis propre à la RATP n'était connu fin octobre, mais l'intersyndicale des transports urbains juge « indispensable de franchir une nouvelle étape dans la mobilisation », selon l'AFP. Le lendemain de la grève, vendredi 6 novembre, le nouveau TGV M doit faire son voyage inaugural entre Paris et Marseille.
La journée prolonge un mouvement contre la vie chère qui a réuni 320 000 personnes en France le samedi 31 octobre, selon les autorités. Selon ICI, la grève touchera l'Éducation nationale, les transports et la fonction publique. Le 21 octobre, le Premier ministre avait reçu les syndicats à Matignon pendant deux heures et demie ; la CGT en était ressortie en dénonçant « aucune mesure » et en appelant à étendre la grève à partir du 5, selon Public Sénat. Hormis Solidaires, les syndicats ne parlent pas pour l'instant de reconduire la grève au-delà de jeudi.
Côté salaires, la revalorisation du Smic est la principale piste étudiée par l'exécutif, a indiqué le journal de France 2 du 1er novembre, sans montant ni date. Un ministre y juge qu'il faut « faire un geste » sans « trop attendre », quand un conseiller ministériel estime que la baisse du prix du gazole pourrait suffire, selon L'Express. Fin octobre, franceinfo et Le Parisien évoquaient une revalorisation avancée à décembre avec un coup de pouce d'environ 0,5 % ; rien n'a été confirmé depuis. La CGT réclame 10 %. Depuis le 1er juin 2026, le Smic est de 1 867,02 euros brut par mois, soit 1 477,93 euros net, d'après Service-Public.
La semaine ne s'arrêtera pas jeudi. Les Gilets jaunes appellent à « reconduire » grèves et blocages le vendredi 6 novembre, puis à un « acte IV » le samedi 7 novembre « pour l'égalité réelle », avec des manifestations partout en France, selon ICI.