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Huile d’olive : la Tunisie sur le point de dépasser l’Italie

Cette saison 2025‑26 restera dans les annales agricoles : la Tunisie connaît une récolte d’olives exceptionnelle. Selon les premières estimations, le pays pourrait dépasser l’Italie et se hisser au deuxième rang mondial des producteurs d’huile d’olive, derrière l’Espagne. Une performance qui illustre la vitalité du Maghreb agricole et les effets du climat sur les équilibres méditerranéens.

Dans les collines de Sfax et de Kairouan, les moulins tournent jour et nuit. Les oliveraies, gonflées par des pluies abondantes au printemps, offrent des rendements inédits. Le ministère tunisien de l’Agriculture prévoit une production proche de 350 000 tonnes, soit une hausse de 40 % par rapport à 2024. « C’est la meilleure campagne depuis quinze ans », confie un responsable de la Fédération nationale de l’huile d’olive. Une performance rendue possible par une meilleure gestion hydrique et par l’adoption de pratiques agricoles plus durables.

De son côté, l’Italie, frappée par une sécheresse persistante dans les Pouilles, voit sa production reculer de près de 30 %. Une situation qui redistribue les cartes dans le marché mondial, où la Méditerranée reste la clé. Mediaterranee.com rappelle que la Tunisie est déjà le premier exportateur d’huile d’olive biologique au monde, un atout stratégique dans un secteur de plus en plus sensible aux critères environnementaux.

Un symbole économique et culturel pour le Maghreb

Au‑delà des chiffres, cette réussite porte une forte charge symbolique. L’olivier, arbre millénaire du bassin méditerranéen, devient ici le vecteur d’un renouveau économique et identitaire. « Produire de l’huile, c’est produire de la dignité », résume l’agriculteur Ahmed Mejrid de la région de Sidi Bouzid. La filière fait vivre près d’un million de Tunisiens, dont beaucoup de femmes en milieu rural. Elle bénéficie aujourd’hui d’un soutien accru de l’État et d’un regain d’intérêt des jeunes entrepreneurs agricoles.

Mais le succès comporte ses défis : la dépendance aux marchés extérieurs, la fluctuation des prix internationaux et la nécessité de moderniser les infrastructures. Le gouvernement tunisien mise sur la diversification et la valeur ajoutée locale : conditionnement, exportation directe, labels régionaux. « Nous voulons passer d’une économie de volume à une économie de marque », explique une représentante du ministère.

Dans un contexte de crise climatique et de tensions agricoles en Europe, cette « revanche méditerranéenne » pourrait bien redessiner la carte de l’huile d’olive mondiale. Et rappeler, une fois encore, que les racines du futur se trouvent peut‑être dans les champs d’oliviers du Maghreb.

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