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La Chine interdit tout nouvel investissement en Israël et classe le pays en zone rouge

Le gouvernement chinois aurait interdit tout nouvel investissement en Israël, classant l'État hébreu en « zone rouge » à haut risque depuis le début de la guerre à Gaza. Cette révélation, survenue le 5 février 2026 dans le cadre d'un litige judiciaire devant le tribunal de Tel-Aviv, met en lumière le refroidissement spectaculaire des relations économiques entre Pékin et Jérusalem.

C'est une affaire judiciaire qui a fait éclater au grand jour ce que beaucoup soupçonnaient déjà. Le fonds d'investissement chinois Ballet Vision, qui contrôle environ 80 % de la société israélienne Hanita Lenses, spécialisée dans la fabrication de lentilles intraoculaires, a invoqué devant la justice israélienne une interdiction formelle émanant de Pékin pour justifier son refus de racheter les parts restantes du kibboutz Hanita.

Dans une lettre versée au dossier, le directeur de Ballet Vision affirme sans ambiguïté : « Depuis le déclenchement des hostilités en Israël, le gouvernement chinois a classé Israël en zone à haut risque (catégorie rouge) et a imposé une interdiction de tout nouvel investissement chinois dans le pays. Tant que cette restriction restera en vigueur, il n'existe aucune possibilité opérationnelle réelle d'exercer l'option. »

Les membres du kibboutz Hanita, situé près de la frontière nord d'Israël et durement éprouvé par le conflit, réclament quelque 11 millions de dollars de dommages et intérêts. Ils reprochent au fonds chinois d'avoir refusé d'honorer une option d'achat contractuelle dont l'échéance était fixée à décembre 2025. Le kibboutz avait cédé 74 % de ses parts à Ballet Vision en 2021 pour 35 millions de dollars, avant que des accords ultérieurs ne portent la participation du fonds à 80 %.

Un gel des investissements qui s'inscrit dans une tendance lourde

Au-delà de cette affaire particulière, les chiffres confirment un déclin massif des investissements chinois en Israël. Depuis le pic de 2018, avec 76 opérations d'investissement, la chute a été vertigineuse : 42 investissements en 2022, puis seulement 13 en 2023. Le fonds Ballet Vision invoque d'ailleurs des pertes opérationnelles cumulées de 15 millions de dollars sur trois ans et une dette bancaire de 4 millions de dollars pour justifier sa position.

Les relations économiques sino-israéliennes subissent une pression croissante sur plusieurs fronts. En avril 2025, la pression américaine a conduit à l'annulation du contrat d'Israël avec le groupe chinois CRRC pour la fourniture de rames de tramway à Jérusalem. En janvier 2026, la Chine a de son côté interdit à ses entreprises l'utilisation de logiciels de cybersécurité israéliens. Le ministère israélien de la Défense a quant à lui prohibé l'usage de certains véhicules électriques BYD pour des raisons de cyberespionnage lié à la rivalité technologique entre grandes puissances.

Pékin dément officiellement, mais les signaux s'accumulent

Fait notable, les autorités chinoises n'ont pas confirmé officiellement l'existence d'une telle interdiction. L'ambassade de Chine en Israël a même publiquement démenti, le 28 janvier dernier, les informations circulant sur les réseaux sociaux concernant une prétendue interdiction d'entrée des touristes israéliens en Chine, qualifiant ces allégations de « totalement fausses ». Selon les données de la représentation diplomatique, le nombre de citoyens israéliens ayant demandé un visa chinois a même augmenté de 44 % en 2025.

Cette contradiction entre le discours officiel et les pratiques sur le terrain illustre la stratégie de « neutralité biaisée » qui caractérise la politique de Pékin au Moyen-Orient. Depuis le 7 octobre 2023, la Chine a intensifié son soutien aux Palestiniens dans les instances internationales tout en évitant systématiquement de condamner le Hamas, le Hezbollah ou l'Iran, mais elle maintient parallèlement ses échanges commerciaux avec Israël.

Le volume commercial bilatéral a d'ailleurs atteint 16,3 milliards de dollars en 2024, en hausse de 11,7 %, et la tendance s'est poursuivie au premier semestre 2025. Mais ces chiffres masquent une réalité plus nuancée : si le commerce résiste, l'investissement s'effondre dans un contexte d'isolement croissant d'Israël sur la scène internationale.

Pour les entreprises israéliennes de haute technologie, longtemps courtisées par les investisseurs chinois, le message est clair : l'ère de la coopération débridée est révolue. Pris en étau entre les restrictions américaines, la guerre à Gaza et la méfiance croissante de Pékin, Israël voit se refermer l'une après l'autre les portes de son partenariat économique avec la deuxième puissance mondiale.

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