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Royaume-Uni : Revolut teste le paiement par reconnaissance faciale à Londres

La néobanque britannique Revolut a lancé au Royaume-Uni « Revolut Pay with Smile », un système de paiement par reconnaissance faciale qui permet de régler ses achats en caisse d'un simple regard, sans carte bancaire, téléphone ou wallet numérique. La fonctionnalité a été mise à l'essai le 24 septembre 2026 chez Kiss the Hippo, une chaîne de cafés de spécialité à Londres, où les clients ont pu payer un café à 1 livre « avec le sourire ». Cette innovation s'inscrit dans le lancement plus large de « Revolut Register », un nouveau système de caisse modulaire à deux écrans destiné aux commerces de l'hôtellerie et du commerce de détail.

Le principe est simple sur le papier. Le client doit d'abord activer l'option dans l'application Revolut, où il a déjà réalisé une vérification d'identité par selfie lors de son inscription. Au moment de payer, il lui suffit de regarder la caméra du terminal installé en caisse : le système compare alors ce visage en direct à la photo de référence enregistrée, sans qu'aucune carte ni aucun appareil ne soit sorti de la poche.

Selon Revolut, l'authentification de la transaction se déroule via l'application, avec un chiffrement de bout en bout censé garantir la sécurité des échanges. Point sensible sur un sujet aussi délicat que la biométrie : l'entreprise assure que les commerçants ne stockent eux-mêmes aucune donnée personnelle ou biométrique, et que le scan facial du client est supprimé immédiatement après chaque paiement.

Un pari sur la fin des caisses « fragmentées »

Revolut Register n'est pas qu'un lecteur de visage : c'est un poste de caisse complet, pensé pour centraliser en un seul outil les paiements, les services bancaires et la gestion opérationnelle du point de vente. L'entreprise vise explicitement les commerçants de l'hôtellerie et de la restauration, un secteur où les files d'attente et la multiplication des terminaux restent un irritant récurrent, aussi bien pour les clients que pour le personnel.

Pour convaincre les commerçants d'adopter ce nouveau matériel, Revolut mise sur l'argument financier : les frais de traitement des paiements sont offerts à 0 % pour les enseignes qui basculent vers Revolut Register et Pay with Smile. Alex Codina, directeur général des paiements marchands chez Revolut Business, résume l'ambition de la filiale bancaire en ligne : « Nous étendons l'écosystème Revolut Pay et remplaçons les caisses dépassées et fragmentées par une expérience de paiement en caisse efficace, pensée pour résoudre les points de friction des consommateurs comme des commerçants. »

Le choix de Kiss the Hippo comme terrain d'essai n'a rien d'anodin : une chaîne de cafés de spécialité, avec un produit d'appel à 1 livre, permet de tester le dispositif sur un flux de transactions rapides et à faible montant, un contexte où la promesse de gain de temps en caisse se vérifie le plus facilement. Pendant la durée du pilote, les clients qui utilisent Pay with Smile pour régler leur café cumulent en prime trois fois plus de RevPoints, le programme de fidélité de Revolut, qu'avec un paiement classique.

Le Royaume-Uni d'abord, la France dans l'attente

Le déploiement annoncé reste, à ce stade, limité à quelques jours dans une poignée d'établissements londoniens. Aucune date ni aucun engagement n'a été communiqué par Revolut concernant une extension à la France ou plus largement à l'Union européenne : le paiement par reconnaissance faciale demeure, pour l'instant, une expérimentation strictement britannique, et rien n'indique qu'elle franchira la Manche à court terme.

Cette prudence contraste avec la situation d'autres marchés où la biométrie de paiement a déjà dépassé le stade du pilote. En Corée du Sud, la fintech Toss a déployé son propre système, baptisé FacePay, un dispositif qui devrait, selon des chiffres cités par BFMTV et repris par moneyvox.fr, approcher les 10 millions d'utilisateurs d'ici la fin de l'année, pour environ un million de points de vente équipés à travers le pays. L'écart d'échelle avec le test londonien de Revolut, limité à quelques jours dans une chaîne de cafés, donne la mesure du chemin qui reste à parcourir avant une éventuelle généralisation en Europe.

Reste que l'initiative de Revolut illustre une tendance de fond dans le secteur bancaire en ligne : la course à la simplification du geste de paiement, déjà engagée avec le paiement par carte sans contact puis par smartphone, franchit une étape supplémentaire avec le corps lui-même comme moyen d'authentification. Un mouvement qui interroge nécessairement sur la place laissée aux moyens de paiement plus classiques, à l'heure où le paiement par chèque doit lui-même disparaître pour les particuliers dès 2027 selon les annonces des autorités fiscales françaises.

Le secteur des néobanques n'est cependant pas à l'abri des controverses sur la confiance et la sécurité des données de ses clients. La concurrente allemande N26 a par exemple fait l'objet d'accusations de nombreux clients concernant la gestion de leurs comptes, un rappel que l'adoption de nouvelles technologies de paiement s'accompagne toujours d'une exigence accrue de transparence de la part des banques en ligne. Pour Revolut, la réussite ou l'échec du pilote londonien décidera vraisemblablement du calendrier d'un déploiement plus large, au Royaume-Uni comme, peut-être un jour, sur le continent européen.

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