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Vortex polaire : pas de vague de froid en vue, selon Météo-France

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Le vortex polaire, cette ronde de vents glacés qui tourne au-dessus de l'Arctique, connaît une perturbation majeure qui, selon Météo-France, serait la plus précoce observée depuis les années 1950. Faut-il pour autant s'attendre à grelotter en France ? Pas à ce stade : dans ses prévisions publiées ce week-end, Météo-France annonce des températures supérieures aux normales jusqu'au début décembre, avec seulement de brefs passages plus frais.

Le sujet fait grimper les recherches depuis plusieurs jours. Dans une fiche mise à jour le 2 novembre, Météo-France explique que les modèles s'accordent sur une perturbation majeure du vortex dans la haute atmosphère, entre 10 et 50 km d'altitude, en ce début de mois. Selon l'établissement, un tel phénomène ne s'est jamais produit avant la fin novembre dans la reconstruction du climat menée depuis les années 1950, ce qui rendrait l'épisode inédit.

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Le calendrier surprend les spécialistes. D'après Météo-France, ce type de perturbation survient en moyenne une année sur deux, mais plutôt en janvier ou en février. Le Boston Globe rappelle que le précédent record de précocité se situait vers le 28 novembre et cite le chercheur du MIT Judah Cohen : « C'est l'un des événements les plus surprenants, sinon le plus surprenant, que j'aie jamais observés de la part du vortex polaire. »

Vortex polaire perturbé : ce que dit Météo-France, et ce qu'il ne dit pas

Le vortex polaire stratosphérique n'existe qu'en hiver, au-dessus de 10 km d'altitude. En temps normal, il reste centré sur le pôle, avec un cœur à -70 ou -80 °C, et la France vit au rythme des perturbations atlantiques. Lors d'un réchauffement stratosphérique soudain, la température de ce cœur peut grimper de 50 à 60 °C en quelques jours. Le vortex peut alors se décrocher du pôle ou se scinder en plusieurs morceaux, et envoyer de l'air polaire vers les latitudes moyennes.

Mais rien n'est automatique. « À ce stade, les conséquences pour la France sont encore très incertaines », écrit Météo-France. Tout dépendra de l'évolution de la perturbation, de sa position et de sa descente, ou non, vers les basses couches de l'atmosphère, là où se fabrique notre météo. En l'état des modèles, elle pourrait surtout renforcer d'ici plusieurs semaines le contraste entre un nord de l'Europe plus froid que la normale et un sud plus doux. Le Boston Globe souligne de son côté que l'effet au sol, s'il se produit, met souvent deux semaines ou davantage à se faire sentir.

Météo-France met aussi en garde contre un raccourci : la baisse des températures observée en ce début novembre est courante en automne et n'a généralement aucun lien avec le vortex. Les premiers flocons sont d'ailleurs tombés en Corse dès 1 200 m le 1er novembre. Une vague de froid, au sens de Météo-France, désigne autre chose : un épisode de froid intense pendant plusieurs jours consécutifs sur une large étendue géographique.

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Les prévisions de Météo-France jusqu'au 6 décembre

À court terme, le bulletin national de ce dimanche 8 novembre, émis à 4 h 27, décrit un temps anticyclonique avec une matinée encore froide sur la plupart des régions et de possibles gelées en plaine. Les maximales prévues vont de 9 °C à Strasbourg et Dijon à 22 °C à Biarritz. La tempête Bruna, nommée par l'institut météorologique portugais, approche par le golfe de Gascogne. Pour lundi, la carte de vigilance publiée ce dimanche matin ne signale qu'un niveau jaune pour le vent, dans les Pyrénées-Atlantiques.

La semaine qui vient sera d'abord douce. Selon les prévisions de Météo-France par ville, le thermomètre doit dépasser 20 °C à Bordeaux mardi et mercredi, dépasser 18 °C à Lyon mardi et atteindre 15 °C à Paris le mercredi 11 novembre. Un temps plus frais et ensoleillé est attendu ensuite, le week-end des 14 et 15 novembre, avec des petits matins proches de 0 °C dans l'Est, autour de 1 °C à Strasbourg. Rien, dans ces prévisions, ne ressemble à une offensive d'air polaire.

Au-delà, Météo-France ne parle plus que de tendance. Son bulletin mensuel du 7 novembre prévoit une semaine du 16 au 22 novembre « perturbée et humide sur l'ensemble du territoire », avec des températures supérieures aux normales. Pour la période du 23 novembre au 6 décembre, les températures « devraient rester globalement supérieures aux normales de saison ». L'Hexagone n'a donc rien de comparable en vue avec l'épisode de neige et de verglas de début janvier 2026.

Les tendances à trois mois de Météo-France vont dans le même sens. Pour novembre, décembre et janvier, le scénario plus chaud que la normale est jugé le plus probable, à 70 %, contre 20 % pour un trimestre conforme aux normales et 10 % pour un trimestre plus froid. Le bulletin précise toutefois que des épisodes ponctuellement plus frais que la normale peuvent survenir, et qu'un épisode de quelques jours ne peut être anticipé que quelques jours à l'avance.

Les prévisions au-delà de dix jours restent des probabilités, révisées chaque jour, et le vortex peut encore rebattre les cartes en décembre. Pour se préparer, les bulletins quotidiens et la carte de vigilance de Météo-France font foi, bien plus que les cartes de modèles à longue échéance. Côté budget, EDF promet de son côté des prix de l'électricité stables jusqu'au 1er février 2027.

Photo : J. L. Fizzell / Pexels — source

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