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Collision de trains en Espagne : ce que l'on sait, ce qui reste à établir

Au moins 68 personnes sont mortes mercredi 28 octobre 2026 dans la collision de deux trains à grande vitesse près d'Urda, dans la province de Tolède, au sud de Madrid. Bilan au 28 octobre 2026, 22 h 58 : il reste provisoire, les causes ne sont pas établies et l'enquête ne fait que commencer.

L'accident s'est produit tôt dans la matinée, sur la ligne Madrid–Séville. Selon Al Jazeera, il a opposé un train à grande vitesse AVE de la Renfe, l'opérateur public, qui effectuait le trajet Madrid–Séville, et un train de l'opérateur privé Iryo. Les horaires avancés par les médias varient, et aucune heure précise ne fait à ce stade l'unanimité.

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D'après Esther Padilla, porte-parole du gouvernement régional, 397 passagers se trouvaient dans le train de la Renfe et 147 dans celui d'Iryo. Cela représente plus de 500 personnes à bord des deux convois au moment du choc.

Le président de la région de Castilla-La Mancha, Emiliano García-Page, a porté le bilan à au moins 68 morts, après un premier chiffre de 64 plus tôt dans la journée. Les autorités comptent 108 blessés, dont 58 hospitalisés et 15 dans un état très grave. Elles préviennent que le nombre de victimes peut encore évoluer. Ce chiffre de 68 morts, relayé par Radio-Canada et France 24, est le plus récent à ce stade (bilan au 28 octobre 2026, 22 h 58).

Selon Esther Padilla, les deux trains roulaient dans le même sens, et l'un a heurté l'arrière de l'autre, qui était à l'arrêt. Deux voitures ont déraillé. Des sources de secours citées par le quotidien El País précisent que deux voitures du train Iryo sont tombées dans un talus.

Les moyens engagés sont importants. Plus de 200 membres de l'Unité militaire d'urgence ont été déployés, aux côtés d'équipes médicales et de pompiers venus de Madrid. La Guardia Civil a, de son côté, envoyé une équipe d'enquête spécialisée dans les catastrophes.

La mairie de Los Yébenes, de son côté, a rassemblé de la nourriture et des fournitures. La ministre de la Santé, Mónica García, a déclaré : « Ce fut un impact à grande vitesse, nous nous attendons à une tragédie. »

Le chef du gouvernement, Pedro Sánchez, a décrété trois jours de deuil officiel, du 29 au 31 octobre. « L'Espagne est en deuil », a-t-il déclaré. Du côté européen, Ursula von der Leyen a écrit : « Aujourd'hui, l'Europe est en deuil avec vous. » Emmanuel Macron a de son côté exprimé sa solidarité avec l'Espagne.

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Une panne de signalisation, mais pas de cause établie

La question des causes domine désormais le débat. Le ministre des Transports, Óscar Puente, a indiqué que le système de contrôle LZB était tombé en panne vers 8 h 30 sur un tronçon de 63 kilomètres. Selon lui, six trains ont été touchés par cette défaillance.

Le ministre a jugé les circonstances « inexplicables ». Il a aussi précisé que la décision de reprendre la circulation sans avoir rétabli le système relève du centre de contrôle. Il a ajouté qu'un train de la Renfe avait pu reprendre sa route « normalement » malgré la panne de signalisation.

Ces éléments ne constituent pas une explication de l'accident. Aucune cause définitive n'a été avancée, et l'enquête est en cours. Un expert rappelle d'ailleurs que « les accidents ont rarement une cause unique », une mise en garde qui invite à la prudence face aux premières hypothèses.

Pedro Sánchez a lui aussi appelé à attendre les conclusions. S'il y a eu négligence, a-t-il dit, « elle sera révélée ». S'il s'agit de défaillances du système, la réponse sera « forte ». Le chef du gouvernement affirme par ailleurs que les causes de ce choc et de l'accident précédent semblent sans lien.

Cet accident survient neuf mois après un autre choc entre trains à grande vitesse des mêmes opérateurs sur la même ligne. Selon Al Jazeera, ce drame, celui d'Adamuz, avait fait 46 morts : c'est ce chiffre, et non le bilan d'Urda, que l'on retrouve dans certains flux d'information. D'autres médias ont retenu des bilans successifs compris entre 41 et 46 morts : dans tous les cas, il s'agit de plus de quarante morts.

Selon l'agence AP, cet accident précédent a eu lieu le 18 janvier 2026 près d'Adamuz, en Andalousie, non loin de Cordoue. Le gouvernement avait alors promis des contrôles sur toutes les lignes. Cette promesse revient aujourd'hui au premier plan du débat public.

Selon la presse espagnole, un syndicat de conducteurs avait signalé dès août 2025 des défauts sur le tronçon d'Adamuz, celui du drame de janvier. Il s'agit de l'accident précédent, et non de celui d'Urda : rien, dans les éléments connus, ne permet de relier ces signalements à la collision de mercredi.

L'Espagne a connu d'autres accidents ferroviaires en début d'année. Nous avions rapporté, en janvier, un train de banlieue percutant un mur effondré en Catalogne, un événement distinct.

Ce que doivent savoir les voyageurs

Le gestionnaire des infrastructures ADIF a suspendu les circulations à grande vitesse entre Madrid et l'Andalousie. Cette suspension était en vigueur le 28 octobre. À ce stade, aucune source ne précise ni la date d'une reprise, ni les modalités de remboursement ou de changement de billet.

Les voyageurs qui doivent se rendre en Andalousie ou en revenir sont donc invités à vérifier la situation auprès de la Renfe, d'Iryo et d'ADIF avant de partir. Il est préférable de ne se fier qu'aux informations officielles de ces opérateurs, qui peuvent évoluer d'heure en heure.

Sur le plan politique, Graham Keeley, journaliste, rappelle qu'un scrutin doit avoir lieu dans un peu plus d'un mois. Ce contexte électoral ne dit rien des causes de l'accident.

Beaucoup de questions restent ouvertes : pourquoi la circulation a-t-elle repris malgré la panne du système, comment les deux trains se sont-ils retrouvés sur le même tronçon, et que révéleront les enquêteurs de la Guardia Civil ? Pour l'heure, il n'existe pas de réponse établie. Les autorités ont promis que, si des fautes sont avérées, elles seront rendues publiques.

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