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Smic : pourquoi le ministre du Travail refuse une hausse excessive

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Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, ne proposera pas de hausse du Smic qui « nuirait à l'emploi ». Il l'a dit dans un entretien à La Tribune Dimanche, publié samedi 7 novembre au soir, à la veille de la conférence sociale que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, réunit lundi 9 novembre à Matignon avec les syndicats et le patronat.

Selon les extraits repris par 20 Minutes et BFMTV, le ministre estime qu'une « hausse excessive » du salaire minimum « menacerait un certain nombre d'entreprises déjà fragilisées ». Il souhaite que le Smic dépasse 1 500 euros net par mois, sans donner de montant précis.

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Smic : ce que gagne un salarié aujourd'hui et ce que demandent les syndicats

D'après service-public.fr, le Smic vaut actuellement 12,31 euros brut de l'heure, soit 1 867,02 euros brut et 1 477,93 euros net par mois pour 35 heures par semaine. Il faudrait donc environ 22 euros net de plus par mois pour passer la barre des 1 500 euros évoquée par le ministre.

Les syndicats demandent davantage. La CFDT réclame 100 euros net de plus par mois. La CGT demande une hausse de 10 %, soit environ 150 euros. Porter le Smic à 1 700 euros net, comme le propose le programme de Jean-Luc Mélenchon pour 2027 que nous avons détaillé ce matin, représenterait une hausse d'environ 15 %. Selon Jean-Pierre Farandou, un tel niveau « détruirait plus de 230 000 emplois ». Le ministre ajoute qu'une hausse trop forte pourrait être « répercutée sur les prix de vente ».

Le ministre met aussi en avant la prime d'activité. Pour une personne célibataire au Smic, « le salaire versé par l'entreprise est de 1 477 euros, avec une prime d'activité qui s'élève à 230 euros, soit un revenu disponible de 1 700 euros net », explique-t-il, en précisant qu'une hausse du Smic « n'annule pas le montant de la prime d'activité touchée ». Le mode de calcul de cette prime pourrait lui-même évoluer : un projet de décret veut y compter la mutuelle payée par l'employeur.

Une hausse dès le 1er décembre ou au 1er janvier ?

Chaque année, le Smic est revalorisé au 1er janvier, rappelle service-public.fr. La hausse suit l'inflation mesurée pour les 20 % des ménages aux revenus les plus faibles, à laquelle s'ajoute la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire moyen des ouvriers et des employés. En cours d'année, le Smic augmente automatiquement si les prix ont progressé d'au moins 2 % depuis la dernière revalorisation. Le gouvernement peut aussi décider à tout moment d'un « coup de pouce ».

C'est cette dernière piste qui est sur la table. Un coup de pouce dès décembre était déjà à l'étude fin octobre. Selon Jean-Pierre Farandou, une hausse « serait possible dès le 1er décembre, si les discussions aboutissent rapidement ». Le montant n'est pas fixé : il dépendra de la conférence sociale de lundi. Le gouvernement doit aussi y proposer des mesures pour relancer les négociations salariales annuelles dans les entreprises et les branches.

Image : Pixabay via Pexels, licence Pexels.

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